‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 138 sur 438 · ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE X

LE ROI, après une pause.

Mon fils médite une révolte.

LE GRAND INQUISITEUR

Que décidez-vous?

LE ROI

Rien.... ou tout....

LE GRAND INQUISITEUR

Et ici que veut dire « tout? •

LE ROI

Je le laisserai fuir, si je ne puis le faire mourir.

LE GRAND INQUISITEUR

Eh bien. Sire?

LE ROI

Peux-tu me fonder un nouveau dogme qui Justifie le meurtre sanglant d’un fils ?

LE GRAND INQUISITEUR

Pour apaiser l’éternelle justice, le tils de Dieu est mort sur la croix.

LE ROI

Tu veux établir cette opinion dans toute l’Europe?

LE GRAND INQUISITEUR

Partout où l’on révère la croix.

LE ROI

Je commets un attentat contre la nature.... Comptes-tu aussi réduire au silence cette voix puissante?

LE GRAND INQUISITEUR

Devant la foi, la voix de la nature est sans pouvoir.

LE ROI

Je dépose en tes mains ma fonction déjugé.... Puis-je rester absolument à l’écart?

LE GRAND INQUISITEUR

Livrez-le-moi.

LE ROI

C’est mon fils unique.... Pour qui ai-je amassé?

LE GRAND INQUISITEUR

Plutôt pour les vers de la tombe que pour la liberté.

DON CARLOS

LE ROI se lève.

Nous sommes d’accord. Venez.

LE GRAND INQUISITEUR

Où?

Recevoir de mes mains la victime. (Il l'emmène.)

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