ACTK III, SCÈNE III
Quoi! ce malin seulement, dans ces vingt jours?
MAX
C'était dans ce pavillon de chasse, entre ce lieu-ci et Népomuk, où vous nous avez rejoints, à la dernière station de tout le voyage. Nous nous tenions dans l’embrasure d’une fenêtre en saillie, dirigeant nos regards en silence sur la campagne déserte, et nous voyions accourir les dragons que le duc nous avait envoyés pour notre escorte. L’angoisse de la séparation pe.sait sur mon cœur, et enfin , tout tremblant , je hasardai ces mots : € Tout ceci m’avertit, mademoiselle, que je dois aujourd’hui me séparer de mon bonheur. Dans peu d’heures, vous retrouverez un père ; vous vous verrez entourée de joies nouvelles, et dès lors je .=erai pour vous un étranger, perdu dans la foule. — Parlez à ma tante 'ferzky! » re|)rit-elle précipitamment. Sa voix tremblait, je vis une rougeur brûlante colorer ses belles joues, et son regard, se détachant lentement de la terre, rencontra le mien.,.. Je ne puis me contenir plus longtemps.... {La Princesse paraît à la porte , et s'arrête , remarquée de la Comtesse , mais non de Piccolomini. ) J’ai l’audace de la serrer dans mes bras , mes lèvres touchent les siennes.... Un bruit se fit alors entendre dans la salle voisine et nous sépara.... C’était vous. Ce qui s’est passé ensuite, vous le savez.
LA COMTESSE , après une pause , jetant à la dérobée un regard sur
Thécla.
Kt vous êtes si discret , ou si peu curieux , que vous ne me demandez pas aussi mon secret?
MAX
Votre secret ?
LA COMTESSE
•Mais oui ! Comment j’entrai dans la chambre immédiatement après vous , comment je trouvai ma nièce, ce que, dans le premier moment de la surprise du cœur?...
MAX , vivrment.
£h bien!
LES PICCOLOMINI