SCÈNE III
PHIUPl’E demeure plongé, pendant quelque temps, dans desombres
réflexions ; enfin il fait quelques pas, allant et venant dans la salle.
Le duc d'Albe s’approche arec embarras.
pinuppE.
Attendez-vous , à chaque moment , à l’ordre de partir ]>our Bruxelles.
ALBE
Tout est prêt, mon roi.
PHILIPPE
Vos pleins pouvoirs sont déjà scellés dans mon cabinet. Prenez, en attendant, congé de la reine, et présentez-vous, en vue du départ, à l’infant.
ALBE
Je l’ai vu à l’instant quitter cette salle, avec tous les dehors de la fureur. Votre royale Majesté est aussi hors d’elle-méme et parait profondément émue. Peut-être le sujet de l’entretien?...
PHILIPPE, après s'étre promené un moment de long en large.
Le sujet était le duc d’Albe. {Le flot, d’un air sombre et les yeux fixés sur lui ;) J’apprends volontiers que Carlos hait mes conseillers, mais je découvre avec chagrin qu’il les méprise.
ALBE pâlit et veut éclater.
PHILIPPE
A présent, point de réponse! Je vous permets d’apaiser le prince.
Sire!
PHILIPPE
Dites-moi ; qui est-ce donc qui le premier m’a averti du noir dessein démon fils? Je vous entendis alors, sans l’entendre aussi. Je veux tenter l’épreuve. Désormais Carlos sera plus près de mon trône. Allez. {Le flot passe dans son cabinet. Le Duc se retire par une autre porte.)
DON CARLOS