SCÈNE IX
THÉCLA seule.
.Merci de cet avertissement! Il change en certitude mon funeste pres.sentiment. 11 est donc vrai? Nous n’avons ici nul ami, nul cœur fidèle.... nous n’avons que nous-mêmes. De rudes combats nous menacent. Toi, amour, donne-nous de la force, divin amour; Oh! elle dit vrai! Ce ne sont pas des signes de joie qui éclairent cette union de nos cœurs; ce n’est pas ici un théâtre où habite l’espérance. Le sourd tumulte de la guerre retentit seul en ce
LES PICCOLOMIXI.
lieu, et l’amour même se présente comme revêtu d’une armuro d’acier et ceint pour un combat à mort. Un sombre esprit hante notre maison, et le destin a hâte d’en finir avec nous. Il me pousse hors de mon paisible asile, il faut qu’une aimable magie éblouisse mon âme. 11 m’attire par une forme céleste, je la vois voltiger près de moi, plus près encore. Il m’entraîne avec une force divine vers le précipice, je ne puis résister. (On entend au loin la musique du festin.) Oh! quand une mai.son doit périr dans les flammes, le ciel rassemble .ses nuages, l’éclair jaillit des hauteurs sereines, des feux s’élancent des gouffres souterrains, et le dieu de la joie lui-même, dans une aveugle fureur, lance la torche résineuse sur l’édifice enflammé. (Elle sort.)