ACTE III, SCÈNE VIII
THÉCLA
C’est aussi le mien. Je veux qu'il trouve en moi sa vraie fille.
LA COMTESSE
Comment? Son souverain , son empereur ne peut le contraindre, et toi, sa fille, tu voudrais lutter avec lui?
Ce que personne n’ose, sa fille peut l’oser.
LA COMTESSE
Eh bien, en vÉrité, il ne s’attend pas à cela. 11 aurait triomphé de tous les obstacles, et dans la propre volonté de sa fille naîtrait pour lui un nouveau combat? Enfant, enfant! tu n’as encore vu que le sourire de ton père, tu n’as pas vu le regard de sa colère. I.a voix de ta résistance, voix tremblante, se risquera-t-<>lle devant lui? Tu peux bien, quand tu es seule, former de grandes résolutions, tresser de belles fleurs d’éloquence, armer tou :lme de colombe du courage du lion. Mais essaye ! Parais devant ses yeux, fermement fixés sur toi, et dis ; i Non! • Son regard te consumera. comme le regard de feu du soleil la tendre corolle de la fleur.... Je ne veux p.as t’effrayer, ma chère enfant; nous n'en viendrons pas à ces extrémités, je l’espère.... Aussi bien j’ignore sa volonté. 11 peut se faire que ses plans s’accordent avec ton désir ; mais son intention ne sera jamais que toi, la fille orgueilleuse do sa fortune, tu prennes les façons d’une fillette amoureuse, que tu te jettes h la tète de l’homme qui, si jamais ce haut salaire lui est destiné, doit le payer par le plus grand sacrifice que puisse offrir l’amour. (Elle sort.)