‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 311 sur 438 · I.KS l'IC.COI.uMlNl · texte numérisé non relu

I.KS l'IC.COI.uMlNl

MAX

A-t-il ini^rité do nou.s, Oclnvio, que nous ayon.s de lui d'aussi iiidifîiies pensées?

OCTAVIO

Il ne s'nj;it pas ici de nos pensées, ('.'est la chose même qui parle, et les iireuves les plus claires. Mon lils, tu n’ignores pas eomhien nous sommes mal avec la cour.... mais lu n'as nulle idée des intrigues, des arti lices men.songei’s qu'on a mis eu feuvre pour semer l'esprit de révolte dans le caiiq). Tous les liens .sont rom|)us (|ui attachent l'oriicier à sou empereur et unissent intimement le soldat à la vie civile. Sans devoir et sans loi, il est là campé en adversaire de l'Ktat, qu'il doit jirotéger ; il menace de tourner l’éjiée contre Tthat. U‘s choses en sont venues à ce ])oint que l'emiiereur, eu ce iiioment, tremhle devant ses propres armées.... qu'il redoute, dans saca])itale. dans sou château, les ]toiguai'ds des traîtres.... oui, (lu’il ,se met en devoir de dérober .ses petit.s-lils, ses tendres rejetons.... aux Suédois, ])out-étre, aux Luthériens?... non, à ses propres troupes.

MAX

Lesse! Tu m'iiiquiétes, ta parole me bouleverse. Je sais qu'on peut être agité par des terreurs vaines , mais les illusions trompeuses amènent de vrais malheurs.

OCTAVIO

Ce n'est point une illusion. La guerre civile va éclater, la guerre la plus monstrueuse entre toutes, si bien vite nous ne la prévenons par des mesures de salut. Beaucoup de colonels .sont achetés depuis longtemps; la foi des subalternes chancelle ; déjà des régiments, des garnisons entières sont ébranlées. On a livré à Schafgot.sch, à ce chef suspect, toutes les troupes de la Silésie; àTerzky, cinq régiments de cavalerie et d'infanterie; à Illo, Kinsky, Ituttler, Isolani, les troiqies les mieux équipées.

MAX

A nous deux aussi.

OCI'AVIO.

Parce qu'on croit nous avoir , que l’on compte nous séduire par de brillantes promesses. Ainsi, il m’assigne les principautés de (jlatz et de Sagan, et je vois fort bien à quel hameçon on se flatte de te prendre.

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