‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 312 sur 438 · ACTE V, SCfeNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCfeNE I

* MAX

Non, non! Non , te dis-je.

OCTAVIO

Oh ! ouvre donc les yeux ! Pourquoi pense.s-tu qu’on nous ait mandés à Pilsen? Pour tenir conseil avec nous? Quand donc Friedland a-t-il eu he.soin de nos conseils? Nous sommes convoqués |iour nous vendre à lui , et si nous refusons.... pour être gardés en otage. Voilà pourquoi Gallas n’est pas venu.... et tu ne verrais pas non plus ton père ici, si un idus grand devoir ne le tenait enchaîné.

MAX

Il ne di.ssimule pas qu’il nous a convoqués dans son intérêt.... il avoue qu’il a besoin de notre bras pour se maintenir. 11 a tant fait pour nous, que c’est un devoir à présent de faire aussi quelque chose pour lui.

OCTAVIO

Et sais-tu ce que nous devons faire pour lui ? Excité par l’ivresse, Illo te l’a révélé. llap|)elle-toi donc ce que tu as vu et entendu. Cet écrit falsifié, cette clause si décisive lai.ssée de côté , ne prouvent-ils pas que ce n'était rien de bon que cette ligue où l’on voulait nous engager ?

MAX

Ce qui est arrivé cette nuit pour la feuille n’est à mes yeux rien de plus qu’un mauvais tour de cet Illo. Cette race d’entremetteurs a coutume de tout porter aussitôt à l’extrémité, lis voient que le duc est en mésintelligence avec la cour, ils croient le servir en aggravant la rupture à la rendre incurable. Le duc, crois-moi, ne sait rien de tout cela.

OCTAVIO

n m’e.st douloureux de renverser ta confiance en cet homme, quand elle te paraît si bien fondée; mais ici je ne puis garder de ménagement.... 11 faut que tu prennes des mesures, de promptes mesures, il faut que tu agisses.... Je t’avouerai donc simplement.... que tout ce que je viens de te confier, ce qui te jiaraît si incroyable, que.... que je le tiens de sa propre bouche.... de la bouche du prince.

MAX , dans une violenle aijiluliun.

Non , jamais !

LES PICGOLOMINl.

OCTAVIO

Il m’a confié liii-méine, ce dont au reste je m’étais assuré depuis lonRtemps par une autre voie ( qu’il voulait passer aux Suédois , qu'à la tête des armées réunies, il voulait forcer l’empereur....

Il e.st violent, la cour lui a fait une douloureuse blessure; dans un moment d’humeur, soit! il peut aisément s’être une fois oublié.

OCTAVIO

Il était de sanfi-froid quand il m’a fait cet aveu, et comme il prenait mon étonnement pour de la crainte, il m’a montré, en confidence, des lettres des Suédois et des Saxons, qui lui font espérer un secours déterminé.

MAX

Cela ne peut être! non , cela ne peut être! Vois-tu que cela ne se peut '? Tu lui aurais nécessairement montré ton horreur , il se serait laissé dissuader, ou bien.... tu ne serais plus vivant ici à mes côtés.

OCTAVIO

Sans doute je lui ai exprimé mes scrupules , je l’ai détourné de son dessein sérieusement , d’une manière pressante.... mais mon horreur, ma pensée la plus intime, je l’ai tenue profondément cnchée.

MAX

Tu aurais été faux à ce point ? Cela ne ressemble pas à mon père! Je ne croyais pas à tes paroles , quand tu me disais du mal de lui; je jiuis encore moins y croire en ce moment, quand tu te calomnies toi-même.

OCTAVIO

Je n’ai pas pénétré de moi-même dans son secret.

MAX

Sa confiance méritait de la franchise.

OCTAVIO

Il n’était plus digne de ma sincérité.

La tromperie était encore moins digne de toi.

OCTAVIO

Mon excellent fils, il n’est pas possible de se garder toujours.

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