ACTE I, SCÈNE VI
WALLENSTEIN
fifoutez, il n'y a encore rien de fait, et.... tout bien considéré, j’aime mieux pourtant ne pas le faire.
TERZKY
Comment! qu’est-ce que cela?
WALLENSTEIN
Vivre par la grâce de ces Suédois, de ces arrogants? C'est ce que je ne pourrais supporter.
ILLO
Viens-tu, comme un fugitif, mendier leur secours? Tu leur apportes plus que tu ne reçois d'eux.
WALLENSTEIN
Quel fut le sort de ce royal Bourbon qui se vendit aux ennemis de son pays, et blessa de sa main sa propre patrie? L'exécration fut son salaire, l’horreur des hommes punit sa conduite criminelle et dénaturée.
ILLO
Es-tu dans le môme cas?
Je vous dis que la lidélité nous tient au cœur à tous par des liens aussi étroits que notre parent le plus proche; chacun se sent né pour la venger. L'inimitié des sectes, la fureur des partis, l’ancienne jalousie, la rivalité, font la paix; les forces les plus acharnées à se détruire se réconcilient et s'accordent, pour donner la chasse à l’ennemi commun de l’iiumanité, à la bête féroce et meurtrière qui fait irruption dans l’enceinte paisible où l’homme habite en sûreté.... car sa propre sagesse ne suffit point à le protéger entièrement. C’est par devant, c'est au front de l’homme que la nature a placé la lumière des yeux; son dos, sans défense, c’est la pieuse lidélité qui le doit protéger.
TERZKY
N’aie donc pas de toi-méme une pire opinion que l’ennemi qui te tend joyeusement les mains pour agir en commun. 11 n’était pas non plus si scrupuleux , ce Charles, l’oncle et l’aïeul de cette maison impériale, lui qui reçut Bourbon à bras ouverts; car l’intérêt régit seul le monde. •
LA MORT UK WALLKNSTEIS.