‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 357 sur 438 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

(le l'amitié. Et c'est ce loyal soldat, contre qui mon esprit me met en garde, qui m'offre le premier gage de fortune.

ILLO

Et l'autorité de son exemple te gagnera, n'en doute pas, les meilleurs de l'armée.

WALLENSTEIN

Maintenant, va, et envoie-moi ici à l'instant Isolani. Je me le suis encore attaché par un récent service. Je veux commencer par lui. Va; {Illo sort. Pendant ce temps, les autres personnages sont revenus sur le devant.)

WALLENSTEIN

Eh! voyez! la mère avec sa fille chérie! Reposons-nous une fois des affaires.... Venez! J'éprouvais le besoin de passer une heure sereine dans le cercle chéri des miens.

LA COMTESSE

. 11 y a longtemps , mon frère , que nous n'avons été ainsi réunis.

WALLENSTEIN, à part, à la Comtesse.

Peut-elle entendre la nouvelle? Est-elle préparée?

LA COMTESSE

Pas encore.

WALLENSTEIN

Viens, ma fille. Assieds-toi près de moi. Un bon esprit repose sur tes lèvres. Ta mère m'a vanté ton talent : une douce voix , me dit-on , habite en toi , la voix de l'harmonie qui enchante l'éme. J'ai besoin en ce moment d'une telle voix pour chasser le mauvais démon qui agite ses noires ailes autour de ma tète.

LA DUCHESSE

OÙ as-tu ton luth, Thécla? Viens, fais entendre à ton père une preuve de ton, talent.

THÉCLA

O ma mère! Dieu!

LA DUCHESSE

Viens, Thécla, et réjouis ton père.

THÉCLA

Je ne puis, ma mère....

LA COMTESSE,

Comment? Qu'est-ce que cela, ma nièce?

LA MORT DE WALLENSTEIN

TirfcLA , à la Comtesse.

Ëpargnez-moi.... Chanter.... maintenant.... dans cette angoisse, l'dme accablée d'un tel fardeau.... chanter devant lui.... qui précipite ma mère dans la tombe!

LA DUCHESSE

Comment, Thécla, des caprices? Ton père bienveillant auraitil en vain témoigné un désir?

LA COMTESSE

Voici le luth.

THÉCLA

O mon Dieu!... Comment puis-je?... {Elle tient l'instrument d'une main tremblante; son dme est en proie au plus violent combat, et au moment où elle doit commencer à chanter, elle tressaille, rejette l'instrument et sort précipitamment.)

LA DUCHESSE

Mon enfant.... Oh! elle est malade! <

WALLENSTEIN

üu’a donc ma fille? Est-elle souvent ainsi?

LA COMTESSE

Eh bien! puisqu’elle se trahit elle-même, je ne veux pas non plus me taire plus longtemps.

Comment? i-

LA COMTESSE

Elle Taime. •

WALLENSTEIN

Elle aime! qui?

LA COMTESSE

Elle aime Piccolomini. Ne Tas-tu pas remarqué? Ma sœur non plus?

LA DUCHESSE

Oh! était-ce là ce qui oppressait son cœur? Que Dieu te bénisse, mon enfant! Tu n’as pas à rougir de ton choix.

LA COMTESSE

Ce voyage.... Si ce n’étaient pas là les vues, n’accuse que toimême. Tu aurais dû choisir un autre compagnon de route.

WALLENSTEIN

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