ACTE II, SCENE VII
LK PRINCESSE, étonnée.
bl
A-t-il dit celât
LE PAGE
Il importait prodigieusement au roi, a-t-il dit, infiniment, par-dessus tout, d'avoir connaissance de cette lettre.
LA PRINCESSE
Au roi? As-tu bien entendu? Au roi? Est-ce li le mot dont il s’est servi?
LE PAGE
Oui! Il a dit que c’était un dangereux secret, et m’a averti de prendre bien garde à mes paroles, à mes nioindi'es signes, pour que le roi ne conçoive aucun soupçon.
LA PRINCESSE, après avoir réfléchi un moment, avec beaucoup de
surprise.
Tout est d’accord.... Cela ne peut être autrement.... Il faut qu’il soit instruit de cette aventure.... C’est inconcevable! Qui peut lui avoir révélé?... Qui? Je le demande encore.... Qui a le regard aussi perçant, aussi pénétrant? Qui entre tous? que l’œil d’aigle de l’amour? Mais poursuis, poursuis toujours : il a lu le billet?..,
LE PAGE
Le billet contenait, disait-il, une félicité dont il ne pouvait s’empêcher de frémir; jamais il n’avait osé réver un tel rêve. Par malheur, le duc est entré dans la chambre, cela nous a forcés....
LA PRINCESSE, uvec humeur.
Au nom du ciel! qu’est-ce que le duc avait à faire là en ce moment? Mais où, de grâce, où reste-t-il? Que tarde-t-il? Pourquoi ne paralt-il pas?... Vois-tu comme tu es mal informé? Combien U eût déjà été heureux dans le temps qu’il t'a fallu pour me dire qu’il voulait l’être!
LE PAGE
Le duc, je le crains....
LA PRINCESSE
Encore le duc? Qu’a-t-il à faire ici? Qu’est-ce qu'il a de commun, le vaillant capitaine, av-^c ma paisible félicité? 11 pouvait le laisser là, le renvoyer. Avec qui au monde ne peut-on pas faire cela?,.. Oh! vraimc-nt, tou prince comprend aussi mal l’a-
DON CARLOS
mour que le cœur des dames, à ce qu'il jiarait. 11 ne sait pas ce que sont les minutes.... Paix! paix! j’entends venir. Pars! C’est le prince. (Le Page se hdie de s> rtir.) Soi-s, sors!... Où ai-je mon luth? Il faut qu'il me surprenne.... .Mon chant doit lui donner le signal....