‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 37 sur 438 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

LA PRINCESSE, et bientôt après DON CARLOS.

LA PRINCESSE s’est jetée sur une ottomane et joue du luth. CARLOS entre précipitamment. U reconnaît la Princesse et s'arrête, comme frappé de la foudre.

Dieu, où suis-je?

LA PRINCESSE laisse tomber le luth et va au-devant de lui.

Ah! le prince Carlos? Oui, vraiment!

CARLOS

Où suis-je? Erreur insensée.... J’ai manqué le cabinet indiqué.

Comme Charles est habile à remarquer les chambres où il y a des dames sans témoins!

CARLOS

Princesse., Pardonnez-moi, princessi*.... J’ai.... j’ai trouvé l’antidiambre ouverte.

LA PRINCESSE

Est-ce possible? 11 me semble pourtant que je l’ai fermée moi-méme.

CARLOS

Il VOUS semble seulement, il vous semble.... mais, bien sûr, vous vous trompez. Vous avez voulu la fermer, oui, je l’accorde, je le crois.... mais l’avoir fermée? fermée? non, vraiment non! J’ai entendu quelqu’un.... jouer du luth... N’était-ce pas un luth? {Regardant autour de lui, d'un air de doute.) Justement! le voilà encore.... Et le luth.... Dieu le sait!... le luth, je l’aime à la folie. Je suis devenu tout oreille; ravi, hors de moi, je me suis précipité dans ce cabinet, pour voir les beaux yeux de l’aimable musicienne, qui me causait cette émotion céleste, qui exerçait sur moi un charme si puissant.

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