‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 400 sur 438 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

O Dieu du ciel!

BUTTLER

.Savez-vous quelque autre moyen d’accomplir la volonté de l'empereup? Parlez ; car je veux le renverser, non l’anéantir.

GORDON

O Dieu ! je vois aussi clairement que vous ce qui doit fatalement arriver ; mais dans ma poitrine le cœur bat de tout autre façon.

BUTTLER*

Cet Illo, ce Terzky ne peuvent pas non plus vivre, si le duc tombe.

GORDON

Oh ! ceux-là ne me font point de peine. C’est leur cœur pervers, et non la puissance des astres qui les a poussés. Ce .sont eux qui ont semé dans son âme paisible la semence d’une passion fatale, qui, avec une exécrable activité, ont nourri en lui ce fruit de malheur.... Qu’ils n’échappent pas, j’y consens, au funeste salaire de leurs funestes services !

BUTTLER

Aussi le précéderont-ils immédiatement dans la mort. Tout est déjà concerté. Ce soir, au milieu des joies d’un festin, nous voulions les saisir vivants et les garder dans le château. Ce sera bien plus tôt fait ainsi. Je vais sur-le-champ donner les ordres nécessaires.

, SCÈNE YII.

LES PRÉCÉDENTS, ILLO et TERZKY.

TERZKY

.Maintenant, tout changera bientôt. Demain les Suédois font leur entrée, douze mille vaillants soldats. Puis droit à Vienne! Allons, gai, vieux camarade! Ne montrez pas, à cette joyeuse nouvelle , un visage si austère.

1. Dans un manuscrit antérieur à la dernière rédaction, on lit ici deux rers dont voici la traduction : ■ Le mien est d’une substance plus dure : la nécessité m’a trempé à sa rude école. »

LA MOHT DE WALLEXSTETN.

n.LO.

(’iVst à nous à pn'-sont de dicter des lois, et de tirer vengeance des hommes misc^raliles, des inf.lmes qui nous ont abandonnés. L’un d'eux a déjà eviiié, Piccolomini. Qu’il en arrive autant à tous ceux qui nous veulent du mal! Quelle rude atteinte pour la tête du vieillard! 11 s’est tourmenté toute sa vie pour décorer d’une couronne de prince son antique comté , et x'oilà qu’il enterre son fils unique.

nUTTLER.

fiet héroïque jeune homme! (Test pourtant dommage. Le duc lui-méme en était fort ému, on le voyait bien.

ILLO

Écoutez, mon vieil ami. Ce qui ne m’a jamais plu dans le général, et c’était tous les jours ma querelle, c’est qu’il a toujours préféré les Welches. .Maintenant encore , je le jure sur mon âme, il aimerait mieux nous voir tous dix fois morts, s’il pouvait à ce prix rappeler à la vie son ami.

TERZKY

Paix, paix! Brisons là! Laisse les morts en repos! Il s’agit aujourd'hui de mettre sous la table les vivants, car votre régiment veut nous traiter. Célébrons un joyeux carnaval, faisons de la nuit le jour, et attendons, le verre en main, l’avant-garde suédoise.

ILLO

Oui, donnons-nous encore du bon temps aujourd’hui, car de chaudes journées nous attendent. Cette épée ne se reposera pas , je vous jure, qu’elle ne se soit baignée à satiété dans le sang autrichien.

GORDON

Fi! quel langage! monsieur le feld-maréchal. Pourq’uoi une telle rage contre votre empereur?

BUTTLER

N’espérez pas trop de cette première victoire. Songez avec quelle rapidité tourne la roue de la fortune; car l’empereur est toujours encore très-puissant.

aLO.

L’empereur a des soldats , mais il n’a pas de général ; car ce

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