ACTE V, SCÈNE II. bkZ
BLTTLER, radoiici.
Allons, c'est bien ! Nous nous connaissons.
MACDONALD
Oui, je le pense.
DÉVEROUX.
Nous sommes soldats de la Fortune, nous a])partenons au plus offrant.
MACDONALD
Oui, c’est cela.
BUTTI.ER.
11 faut que vous restiez maintenant d'honnôtes soldats.
• DÉVEROUX.
C’est ce que nous sommes volontiers.
BUTTLER
Et que vous fassiez fortune.
MACDONALD
C’est encore mieux.
BUTTLER
Écoutez.
TOUS DEUX
Nous écoutons.
BUTTLER
C’est la volonté et l’ordre de l’empereur de prendre Friedland mort ou vif.
DÉVEROUX.
Ce sont les termes de la lettre.
MACDONALD
Oui, mort ou vif.
BUTTLER
Et une magnifique récompeiuse en argent et en terres est réservée à celui qui accomplira l’ordre.
Cela sonne fort bien. IjCs paroles qui viennent de là sonnent toujours bien. Oui, oui! nous connaissons cela. Peut-être une de ces chaînes d’or, un cheval déformé, un parchemin ou quelque chose de ce genre.... Le duc paye mieux.
MACDONALD
Oui. il est splendide.
LA MORT DE WALLEN’STEIX.
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BUTTLER
Son temps à lui est fini. Son heureuse étoile est tombée. MACDONALD.
Cela est-il certain?
BUTTLER
Je vous le dis.
DÉVEROUX.
Son bonlieur est-il passé?
BUTTLER
Passé à jamais. 11 est aussi pauvre que nous.
MACDONALD
.\ussi pauvre que nous ?
Oui, Macdonald ; alors, il faut l'abandonner.
BUTTLER
Vingt mille hommes déjà l'ont abandonné. 11 faut, compatriotes, que nous fassions davantage. Bref et bien!... 11 nous faut le tuer. {Tous deux bondisscnl en arrière.)
TOUS DEUX
Le tuer?
BUTTLER
Ijs tuer, vous dis-je.... El c'est pour cela que je vous ai choisis.
TOUS DEUX
Nous?
BUTTLER
Vous, capitaine Déveroux, et .Macdonald.
DÉVEROUX, après une pause.
Choisissez-en un autre.
MACDONALD
Oui, choisissez-en un autre.
BUTTLER, à Déveroux.
Cela te fait-il peur, lèche poltron? Comment? Tu as bien déjà tes trente victimes sur la conscience....
DÉVEROUX.
Porter la main sur le général.... Pense donc....
MACDONALD
A qui nous avons prêté serment!
BUTTLER
Le serment est annulé par son parjure.
ACTK V, SCKXE II. 545
DÉVEROUX.
Écoute, général! Cela me semble pourtant trop affreux.
MACDONALD. '
Oui, c’est vrai. On a aussi une conscience.
DÉVEROUX.
Si .seulement ce n’était ])as le chef qui si longtemps nous a commandés et nous imposait le respect.
BUTTLER
Est-ce là ce qui t’arrêle?
DÉVEROUX.
Oui, écoute! Qui tu voudras du reste! Mon propre tils, si le service de l’empereur l’exige, je suis ])rét à lui plonger mon épée dans les entrailles.... .Mais, vois, nous sommes soldats, et assassiner le général, c’e.st un péché et un crime dont aucun confesseur ne peut vous absoudre.
BUTTLER
Je suis ton pape et je t’absous. Décidez-vous promptement. DÉVEROUX reste pensif.
Cela ne va pas.
' MACDONALD
Non, cela ne va pas.
BUTTLER
Eh bien, donc, allez.... et.... envoyez-moi Pestalutz.
DÉVEROUX hésite, étonné.
Pestalutz.... Hum!
BIACDONALD.
Que lui veux-tu ?
BUTTLER
Si vous refusez, il s’en trouvera assez....
DÉVEROUX.
Non, s’il doit périr, nous pouvons gagner la récompense tout aussi bien qu’un autre.... Qu’en penses-tu, frère Macdonald?
MACDONALD
Oui, s’il doit périr, s’il le faut, s’il n’en peut être autrement, je ne voudrais pas laisser le prix à ce Pestalutz.
DÉVEROUX, après un moment de réflexion.
Quand doit-il périr?
SeniLLEB. — TU. Il 3Ô