‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 417 sur 438 · I.A MOUT DE WAI.LEXSTEIX · texte numérisé non relu

I.A MOUT DE WAI.LEXSTEIX

BUTTLER

'Aujourd’hui, cette nuit iiahiie, car les Suédois seront demain devant les portes.

DÉVEROUX.

.Me réponds-tu des suites, général?

BUTTLER

Je réponds de tout.

DÉVEROUX.

Est-ce la volonté de l’empereur? sa volonté franche et nette? Car, cela s’est vu, parfois on aime le meurtre et punit le meurtrier.

BUTTLER

Le manifeste dit ; .MoTt ou vif. Et vivant, c’est impossible, vous le voyez vous-mêmes....

DÉVEROUX.

Ainsi donc mort! mort!... Mais comment arriver à lui? La ville est pleine des soldats de ïerzky.

MACDONALD

Et puis il y a encore Terzky et lllo....

BUTTLER

On commencera par ceux-là, cela s’entend.

DÉVEROUX.

Ouoi? Doivent-ils périr au.ssi?

Eux d’abord.

MACDONALD

Écoute, Déveroux.... ce sera une sanglante soirée.

DÉVEROUX.

As-tu déjà ton homme pour cette besogne? Conlie-la-moi.

BUTTLER

Le major Géraldin en est chargé. C’est aujourd’hui carnaval , et on donnera un repas au château. C’est là qu’on les surprendra à table et qu’on les tuera.... Pcstalutz et Lesley y seront....

DÉVEROUX.

Écoute, général! cela no peut le rien faire. Écoute.... laisse moi changer avec Géraldin.

BUTTLERi

Le danger est moindre avec le duCi

•ACTE V, SCÈNE II. 5(i7

DÉVEROU.X.

I.C danger? Que diable penses-tu de moi, général? C’est l'œil lu duc, non son épée que je crains.

BUTTLER

Ouel mal son œil peut-il te faire?

DÉVEROUX.

Par tous les diables! Tu sais que je ne suis pas un poltron. .Mais, vois, il n’y a pas encore huit jours que le duc m’a fait donner vingt pièces d’or pour acheter ce vêtement chaud que j’ai là sur le corps.... Et s’il me voit avec ma pique, s’il regarde mon vêtement.... vois.... alors, alors.... Le diable m’emporte! je ne suis pas un poltron.

BUTTLER

Le duc t’a donné ce vêtement chaud , et toi , pauvre diable , tu hésites pour cela à lui passer ton épée à travers le corps. Et l’empereur l’a vêtu d’un habit ([ui tient encore bien plus chaud , du manteau de prince. Comment l’en récompense-t-il ? Par la révolte et la trahison.

DÉVEROUX.

C’est encore vrai. Au diable la reconnaissance! Je.... le tuerai.

BUTTLER

Et si tu veux tranquilliser ta conscience, tu n’as qu’à ôter ton habit, alors tu pourras faire le coup vivement et gaillardement.

MACDONALD

Oui, mais voici encore à quoi il faut songer....

BUTTLER

A quoi faut-il encore songer , Macdonald ?

MACDONALD

Que nous serviront contre lui les armes et les moyens d’attaque? On ne peut l’entamer, il est invulnérable.

BUTTLER éclate.

Que va-t-il nous....

MACDONALD

A l’épreuve de la balle et du tranchant. Il est congelé, il est muni de l’art du diable; son corps est impénétrable, te dis-je.

Oui, oui! A Ingolstadt il y avait aussi un tel homme. Sa peau

LA MORT DE WA LLEXSTEIX

était dure comme de l’acier, il fallut à la tin l'assommer à coujis de crosse.

MACDONALD

Kcoutez ce que je veux faire.

DÉVEROUX.

Parle.

MACDONALD

Je connais ici, au couvent, un frère dominicain, de notre pays ; il faudra qu’il me plonge mon épée et ma pique dans de l’eau bénite , et qu’il prononce dessus une puissante bénédiction. C’est un moyen éprouvé, qui sert contre tout enchantement.

BL'TTLER.

Fais cela, Macdonald. Mais maintenant, allez. Choisissez dans le régiment vingt, trente gaillards solides, faites-leur prêter serment à l’empereur. Après qu’il aura sonné onze heures.... quand les premières rondes seront passées, vous les conduirez, dans le plus profond silence, à la maison.... Moi-même, je ne serai pas loin.

DÉVEROUX.

Comment traverserons-nous les archers et les gardes qui veillent dans la cour intérieure ?

BUTTLER

Je me suis informé de la disposition des lieux. Je vous conduirai jiar une porte de derrière, qui n’est défendue que par un seul homme. Mon rang et ma charge me donnent entrée à toute heure chez le duc. Je vous précéderai et soudain, d’un coup de poignard dans la gorge, je percerai l’archer et vous ouvrirai le passage.

DÉVEROUX.

Kt, quand nous serons en haut, comment arriverons-nous à la chambre à coucher du duc , sans que les gens du palais s’éveillent et répandent l’alarme? car il a ici une suite nombreuse.

BUTTLF.R.

l/'s gens sont dans l’aile droite; il hait le bruit et habite tout seul l’aile gauche.

DÉVEROUX.

<Jue n’esl-ce déjà passé, Macdonald?... Cela me fait au cœur, j’en atteste le diable, un singulier effet.

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