I.A PniNCEESE
Depuis longtemps j’aurais quitté cette cour, quitté ce monde, pour m’ensevelir dans des murs sacrés; mais il reste un seul rien, un lien tout-puissant qui m’attache à ce monde. Hélas! peut-être un fantôme, mais qui m’est si cher! J’aime, et moi.... • je ne suis pas aimée.
CARLOS , allant à elle, avec feu :
Vous l’êtes! aussi vrai qu’il habite un Dieu dans le ciel, je le jure, vous l’êtes, et au delà de toute expression!
LA PRINCESSE
Vous le jurez? Vous? Oh! c’est la voix de mon bon ange! Oui, sans doute, si c’est vous qui le jurez, Charles, alors, je le crois; alors, je le suis.
CARLOS, qui la serre avec tendresse dans ses bras.
Douce fille, pleine d’Ame! adorable créature!... Me voilà devant vous tout yeux.... tout oreilles.... tout ravissement.... tout admiration.... Qui pourrait t’avoir vue, qui sous ce ciel t’aurait vue et se vanterait.... de n’avoir jamais aimé?... Mais ici, à la cour du roi Philippe? Quoi, ici? Que viens-tu fiiire ici, ô bel ange? Parmi des moines, et une engeance de moines? Ce n’e.st pas là un climat pour de telles fleurs.... La voudraient-ils cueillir? Ils le voudraient.... oh! je le crois sans peine.... Non pourtant! aussi vrai que je respire , non!... Je t’entoure de mon bras, sur ce bras je t’emporterai à travers un enfer plein de démons! Oui.... permets que je sois ton ange....
LA PRINCESSE, avec un regard plein d’amour.
Oh! Carlos, que je vous ai peu connu! Comme votre noble creur récompense richement, infiniment, la peine qu’il en coûte de le comprendre ! (Elle prend sa main et veut la baiser.)
CARLOS , la retirant.
Princesse, où êtes-vous maintenant?
LA PRINCESSE, avec grâce et délicatesse, en regardant fixement sa main.
Que cette main est belle! Qu’elle est riche!... Prince, cette main a encore deux précieux dons à faire.... Un diadème et le cœur de Carlos.... et tous deux peut-être à une seule mortelle?...
A une seule? Un grand et divin pré.scnt! trop grand presque pour une seule mortelle? Eh! quoi, prince? si vous vous décidiez
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