‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 436 sur 438 · ACTE V, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XII

nant déserte, et tout le service de la cour fuit et se précipite effrayé par toutes les portes. J’y suis restée la dernière, je l’ai fermée et je vous en livre les clefs.

OCTAVio, ai'cc une profonde douleur.

O comtesse, ma maison est déserte aussi !

LA COMTESSE

Oui doit périrencore? Qui doitétre encore maltraité ? Le prince est mort, la vengeance de l’empereur peut être satisfaite. Épargnez les anciens serviteurs. Qu’on ne fasse pas un crime , à ces fidèles aussi , de leur amour et de leur foi! Le destin a surpris mon frère trop soudainement, il n’a pu songer à eux.

OCTAVIO

Pas de rigueurs ! pas de vengeance, comtesse ! Une grande faute a été grandement expiée, l’empereur est apaisé, rien ne passer, du père à la fille que sa gloire et ses services. L’impératrice honore votre malheur, elle vous ouvre avec sympathie ses bras maternels. Ainsi, plus de crainte! Prenez confiance et remettezvous avec espoir à la clémence impériale.

LA COMTESSE, en jetant un regard vers le ciel.

Je me confie à la clémence d’un plus grand maître.... Où le corps du prince trouvera-t-il le lieu de son repos? Dans la chartreuse qu’il a lui-méme fondée, h Gitschin, repose la comtesse Wallenstein; c’est là, auprès de celle qui commença sa prospérité, qu’il a désiré, par reconnaissance, de dormir un jour du dernier sommeil. Oh! souffrez qu’il soit enseveli en ce lieu! Je demande la même faveur pour les restes de mon'mari. L’empereur est en possession de nos châteaux; qu’on nous accorde seulement encore une tombe près des tombes de nos aïeux. OCTAVIO.

Vous tremblez, comtesse.... Vous pâlissez.... Dieu! Et comment dois-je interpréter vos paroles?

LA COMTESSE rassemble ses dernières forces et parle avec vivacité et noblesse.

Vous pensez trop bien de moi pour croire que je survive à la chute de ma maison. Nous nous sommes sentis assez grands pour étendre la main vers une couronne royale.... Cela ne devait pas être.... .Mais notre âme est royale, et nous estimons une

LA MORT DE WALLEXSTEIX

mort libre et courageuse, préférable à une vie déshonorée.... I^e poison....

OCTAVIO

Oh! sauvez-la! Au secours!

LA COMTESSE

Il est trop tard. Dans peu d'instants, mon destin sera accompli. {Elle sort.)

GORDON

Oli! maison de meurtre et d’horreur! {Un courrier vient et apporte une lettre. Gordon va au-devant de lui.) Qu'y a-t-il? C'est le sceau impérial. (/( a lu Vadresse et remet la lettre à Octacio, avec un renard de reproche.) Au prince Piccolomini. {Octavio tressaille consterné , et regarde le ciel avec douleur. La toile tombe.)

FIN DF. LA MORT DE WALLENSTEIN

APPENDICE

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