PICCOLOMINI ET A LA MORT DE WALLENSTEIN
« On suit, dit M. Hoiïmeister, dans ses Suppléments aux reuvres de Schillef, que les Piccolomini et la Mort de Wallenstein ôtaient, dans lo principe, autrement coupés qu’à présent. Ijl première pièce comprenait encore les deut premiers actes de la Jfort de Wallenstein^ et celte dernière tragédie ne commençait qu’au troisième acte. C’est conformément à cette distribution que les deux drames furent mis au théâtre à Weimar et qu’ils sont encore représentés aujourd’hui.
« J’ai autrefois, dans ma Vie de Schiller ^ exprimé la conjecture que les trois derniers actes de la Jfort de Wallenstein devaient avoir, sous leur forme primitive, un texte beaucoup plus étendu que maintenant, pour suffire à la tragédie entière: que les Piccolomini^ en revanche, puisqu’ils ne contenaient que trois actes, étaient sans doute bien plus courts, et qu’ils n’avaient reçu que plus tard du poète leur développement actuel.
c Je suis maintenant en état de rectifier et de préciser mes vues à ce sujet et de donner des renseignements positifs sur les différences qui distinguent le Wallenstein représenté sur la scène de Weimar de notre Wallerutein imprimé. Il est vrai que l’exemplaire du théâtre, où la trilogie était accompagnée de remarques autographes de Schiller, a péri dans l’incendie de la salle de Weimar, le !21 mars 18'i5, avec d’autres reliques précieuses; mais la perte a été comblée et réparée par la fidèle tradition, et j’ai obtenu de l'obligeante intendance de la scène de Weimar, par l’entremise de mon honorable ami, M. le conseiller d’appel Ernest de Schiller, la communication d’un exemplaire à l’usage du théâtre, par lequel j’ai pu voir comment Wallenstein fut représenté, dans le principe, à Weimar.
« Les Ptcco/omint s’étendent jusqu’à la scène où Max se jette dans les bras do son père cl où ensuite ils s’éloignent chacun de son côté Le texte de la ver-, sion théâtrale est conforme à notre texte imprimé; seulement l’auteur y a fait de nombreuses coupures, pour que les sept actes pussent se réduire à cinq. Là où finit maintenant le premierecte des Piccolomini^ , le lieu de la scène change, la scène première du second acte est entièrement supprimée, et l’on voit, dans une salle chox le duc de Friedland . un Page qui porte sur un coussin de velours rouge le bâton de commandement et le place sur une table près du fauteuil du Duc. La porte s'ouvre à deux battants, on aperçoit à l’extérieur des gardes, qui