‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 48 sur 438 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

DOMINGO

Puis-je prendre cette parole pour votre véritable pensée, belle princesse!

LA PRINCESSE

Pas pour un jeu, j’espère? Par le ciel! vous me rendez tout inquiète.... Comment? Qu’ai-je donc fait, si vous.... vous-méme, vous pâlissez?

DOMINGO

Princesse, cette surprise... A peine puis-je le comprendre....

LA PRINCESSE

Oui, très-révérend père, et je tiens à ce qu’il en soit ainsi. Je ne voudrais pas pour tous les biens du monde que vous le comprissiez. Qu’il vous sufR-se de savoir que la chose est telle. Épargnez-vous la peine de scruter, de chercher à l’éloquence de qui vous devez ce changement. J’ajouterai, pour votre consolation, que vous n’avez point de part à ce péché, ni l’Église non plus, en vérité! bien que vous m’ayez démontré qu’il pourrait y avoir tels cas où l’Église saurait employer pour de grandes fins jusqu’aux corps et à la jeunesse de ses filles. Non, ni l’Église non plus.... Ces sortes de pieux motifs, très-révérend père, sont trop élevés pour moi....

DOMINGO

Très-volontiers, princesse, je les retire, dès qu’il in’apparatt qu’ils étaient superflus.

LA PRINCESSE

Priez de ma part le monarque de ne pas me méconnaître en nie voyant agir ainsi. Ce que j’ai été, je le suis encore. L'état des choses a seul changé depuis. Quand j’ai repoussé ses offres avec indignation, je le croyais heureux par la possession de la plus belle des reines.... je croyais la fidèle épouse digne de mon sacrifice. Je croyais cela alors.... alors. Sans doute à présent, à présent je suis mieux informée.

DOMINGO

Princesse, continuez, continuez ! Je le vois, nous nous comprenons..

LA PRINCESSE

Il suflit. Elle est dévoilée. Je ne la ménagerai pas plus longtemps. Ses rusés et son larcin sont dévoilés. Elle a trompé le

DON’ CARLOS

roi, loutp l’Espapne, et moi. Elle aime. Je sais qu’elle aime. J’ai en mon pouvoir de.s preuves qui la feront trembler. Le roi est ti’ompd.... mais, par le eiel! il ne faut pas qu’il le soit impunément. Ce mas(jue d’abnégalion sublime et surbumaine, je le lui arracherai, pour que tout l’univers reconnaisse le front de la pécheres.se. Il m’en coûte un prix immense, mais pourtant.... et c’e.stcequi me ravit, ce qui fait mon triomphe.... il lui en coûtera plus cher encore.

DOMINGO

Maintenant tout est mûr. Pcrmetlez que j’appelle le duc. (// sort.)

LA PRINCESSE, étonuéc.

Qu’est-ce que cela va devenir?

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