‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 103 sur 372 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

père , mais celui qui est aux deux a déclaré que cela ne devait pas être. ( Froidement : ) Mais aussi , fou stupide que je suis , pourquoi le voulais-je? Un grand pécheur peut-il donc se convertir encore? Un grand pécheur ne peut jamais se convertir; depuis longtemps, j’aurais dû le savoir.... Sois tranquille! Je t’en prie! sois tranquille! N’est-ce pas juste ainsi?... Je n’ai pas voulu, quand il me cherchait; aujourd’hui que je le cherche, c’est lui qui ne veut pas -.quoi de plus équitable?... Ne roule pas ainsi les yeux.... Il n’a pas besoin de moi. N'a-t-il pas des créatures en abondance? Il peut si aisément se passer d’une seule.... Eh bien! je suis précisément celle-là.... Venez, camarades !

amalie le lire en arrière.

Arrête , arrête ! un seul coup ! le coup de la mort! Abandonnée de nouveau! Tire ton épée , aie pitié de moi.

LE BRIGAND MOOR

La pitié s’est enfuie chez les ours.... Je ne te tuerai pas. amalie , embrassant ses genoux.

Oh! pour l’amour de Dieu! au nom de toutes les miséricordes! car enfin , ce n’est plus de l’amour que je demande , je sais bien que là-haut nos astres sont hostiles et se fuient.... La mort est ma seule prière.... Abandonnée, abandonnée! Prends ce mot dans toute son horrible étendue , abandonnée ! Je ne puis y survivre. Une femme, ne le vois-tu pas? ne peut endurer cela. La mort est ma seule prière. Vois, ma main tremble! Je n’ai pas le cœur de frapper. J'ai peur de la lame étincelante.... Et toi, cela t’est si facile , si facile , n’es-tu pas un maître en fait de meurtre? tire ton épée et je serai heureuse !

LE BRIGAND MOOR

Veux-tu être seule heureuse? Va- t'en! je ne tue pas de femme !

AMALIE.

Ah! égorgeur! Tu ne sais tuer que les heureux. Ceux qui sont las de la vie, tu les passes. ( Elle se traîne vers les brigands. ) Alors , ayez donc pitié de moi , vous les disciples du bourreau ! Il y a dans vos regards une pitié si altérée de sang, qui est une consolation pour le malheureux.... Votre maître est un vain et lâche fanfaron !

f CUILLER. — TH. 1 11

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