‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 107 sur 372 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Les trois scènes de la première édition en font seize dans celle du théâtre. Le monologue qui commence l’acte n’a conscnré qu’un petit nombre de phrases des trois premiers alinéa, mais le dernier est presque intact.

Le dialogue avec Hermann, qui termine la première scène dans la version originale (voy. p. 50) et forme la deuxième dans celle de Mannheim, est allongé 1 ia tin par l’addition suivante :

franz lui crie , en le voyant sortir.

Co que tu feras, tu le feraf pour toi.... ( Il le suit encore des yeux jusqu’au fond de la scène, puis éclate en un rire larmoyant.) Tout ardeur et bonne volonté 1 Avec quel empressement la folle dupe s’en va franchir de son pied léger les limites de l'honnéte homme, pour saisir un bien dont il reconnaîtrait l’impossibilité pour peu qu’il ne fût pas atteint de démence!... (Avec humeur.) Non, c'est impardonnable! Cet homme est lui-méme un coquin , et pourtant il se 6e à l'honnéte physionomie d'un autre.... 11 va sans souci tromper un homme de bien, et no pardonnera de toute éternité qu’on l’ait pu tromper lui-méme.... Est-ce là le vice-roi si vanté de la création? Oh! alors, pardonne-moi, maternelle nature, de t’avoir cherché querelle pour ne m’avoir créé qu'imparfaitement à son image, et délivre-moi dans ta bonté de co que tu m’as laissé de ressemblance avec lui.... Tu as perdu mon estime, homme! et détruit avec elle la seule conviction propre à te relever, la pensée que jamais la méchanceté se puisse rendre coupable envers toi. (fl sort.)

Au commencement de la scène suivante, amalie, après ces mots : « Je ne puis être irritée contre toi (p. 50) », ajoute, en effeuillant des roses autour du vieillard :

Dors dans le parfum des roses.... Que, dans le parfum des roses, Charles apparaisse à tes rêves.... Éveille-toi dans le parfum des roses, je veux aller m'endormir sous le romarin. ( Elle veut s'éloigner. ) le vieux moor , rivant.

Mon Charles! mon Charles! mon Charles!

amalie s’arrête et renient lentement sur ses pas.

Écoute! Son ange a oxaucé ma prière. (S’approchant très-près de lui. ) Il est doux de respirer l’air auquel son nom se mêle.... Je veux rester ici.

Un peu plus loin, le vieux uooh, à demi éveillé, s'écrie :

N’ai-je pas pressé ses mains? n’aspiré-je pas le parfum des roses? Vilain Franz! etc.

.... Non , ma fille! La pâleur mortelle de tes joues témoigne contre ton cœur. Pauvre Bile! j’ai détruit les joies de ta jeunesse. Ne pardonne pas.... seulement ne me maudis pas!

amalie.

L’amour ne sait qu'une seule malédiction. Celle-ci, mon père! ( Elle lui haise tendrement la main.)

LES BRIGANDS

le vieux u oor , qui s'est levé.

Que trouvé-je là? Des roses, ma fille? Tu jettes des roses autour du meurtrier de ton amour?

AMALIE.

Des roses autour du père de mon bicn-aimé (se jetant à son cou), devant qui je n’en puis jeter en ce moment.

LE VIEUX MOOR

Et devant qui tu en aurais jeté volontiers.... Pourtant, mon amie, tu l'as fait sans le savoir.... Connais-tu ce portrait? ( Tirant un rideau de devant Une peinture. )

amalie, se précipitant auprès.

De Charles 1

Après la réplique suivante du vieux moor, où « indignation » est remplacé par « misanthropie, « et où sont omis les derniers mots : «Votre amour me rendait si heureux, > amalie reprend:

Oh I jamais je n’oublierai ce jour! jamais il no reviendra pour moi ! Je le vois encore assis devant moi. Le rouge reflet du soleil du soir brillait sur son visage, le vent se jouait capricieusement dans ses brunes boucles. A chaque coup de pinceau, l'amante prenait la place de l'artiste. Le pinceau tomba , mes lèvres tremblantes dévorèrent avidement ses traits. L’original, dans toute sa plénitude, se grava dans mon coeur!... Sur la toile s'étalait l'ébauche de celte image , terne et mourante, comme le souvenir de l'adagio d’hier.

LE VIEUX MOOR

Continue, continuel Tes rêveries me rajeunissent. O ma fille 1 votre amour me rendait si heureux !

AMALIE.

Non! non! ce n’est pas lui , etc.

Toute la fin de la scène, à la suite des mots : «Je n’étais qu’une barhouilleuse- (p. 52), est supprimée.

Dans la scène suivante, après la venue de Daniel, les deux dernières stances des Adieux d'Hector sont naturellement supprimées aussi, comme au reste tous les chants de la pièce, à l'exception du peu de vers que fredonne Spiegelberg (voy. p. 70).

Dons le récit d’Hermann, «la guerre entre la Prusse et l’Autriche (p. St) «est remplacé par « la guerre entre les Polonais et les Turcs, » et «Frédéric» par « Matthias (Corvin) 1 ; » au lieu de « la chaude bataille de Prague, » il y a tout simplement « la chaude bataille. »

Tout le monologue de Franz, qui précède immédiatement la scène troisième de l’édition originale, est retranché.

Le long dialogue entre Spiegelherg et Razmann, qui commence la scène troisième, ost réduit è une page, et les endroits les plus grossiers et les plus choquants, spécialement le cynique récit du couvent, sont supprimés.

Dans le reste de l’acte , les coupures sont moins nombreuses. Le moine est remplacé par un commissaire.

1. Schiller s'est permis là un petit anachronisme. Matthias Corvin mourut en 1490 , et l'édit de la paix publique , dont il est parlé dans le premier acte, fut rendu à Worms en 1495.

APPENDICE

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