ACTE I, SCÈNE XII
bourgognino porte la main à son épée , mais la retire aussitôt.
C'est le père qui a dit cela....
C'est ce que diront tous les vauriens d'Italie. Vous contentezvous de la desserte du festin d'autrui?
BOURGOGNINO.
Ne nie rends pas fou, vieillard.
CALCAGNO
Bourgognino, le vieillard dit vrai.
bourgognino s'élance , comme pour se jeter sur Derthe
11 dit vrai?... Une fille perdue se serait jouée de moi ?
CALCAGNO
Bourgognino, pas de tels soupçons. Cette fille est pure comme un ange.
bourgognino s'arrête stupéfait.
Quoi?... Aussi vrai que je veux être sauvé!... Pure et déshonorée! Je n’y puis rien concevoir.... Ils se regardent et demeurent muets. Quelque attentat monstrueux palpite sur leurs langues tremblantes. Je vous en conjure. Ne vous amusez pas à éprouver ainsi ma raison. Elle serait pure? Qui a dit pure?
Ma fille n'est pas coupable.
bourgognino.
Ainsi la violence! (Il saisit l'épée qui est à terre.) Génois! Par tous les péchés commis sous le ciel! Où.... où trouverai-je le ravisseur ?
Là même où tu trouveras le voleur de Gênes.... (Bourgognino reste interdit, Verrina va et vient tout pensif, puis il s’arrête.) Si je comprends ton signe, éternelle Providence , c’est par ma Berthe que tu veux délivrer Gênes! (Il s'avance auprès d'elle-, déroulant lentement le crêpe de son bras, puis d'un ton solennel :) Avant que le sang.du cœur d’un Doria ait lavé cette tache affreuse faite à ton honneur, aucun rayon du jour ne doit tomber sur ces joues. Jusque-là.... (Il jette le crêpe sur elle) sois aveugle. (Pause. Us autres le regardent silencieu-x et stupéfaits. Verrina solennellement, la main placée, sur la tête de Berthe: ) Maudit soit l’air qui te ra-