ACTE J, SC fi NE II
SriEGELBERG.
Et cela t’effraye, cœur de lièvre! N’a-t-on pas déjà vu pourrir à la voirie plus d'un génie universel qui eût été capable de réformer le monde, et n’en parle-t-on pas pendant des centaines, des milliers d’années , tandis que maint roi et maint électeur seraient omis dans l’histoire , si l’ historiographe ne craignait de laisser une lacune dans l’échelle de succession , et si son livre ne gagnait, à les mentionner, quelques pages in-octavo, que l’éditeur lui paye argent comptant?... Et quand le voyageur te verra voltiger en l’air, deçà, delà, il grognera dans sa barbe : * En voilà encore un qui ne devait pas avoir d'eau dans la cervelle! » Et il déplorera le malheur des temps.
schweizer lui frappe sur l'épaule.
C'fst parler en maître , Spiegclbcrg ! en maître ! Que diable ! restez-vous là et hésitez-vous ?
SCHWARZ
Et quand cela s’appellerait une mort infâme.... que s’ensuit-il? Ne peut-on pas, à tout événement, avoir toujours sur soi une petite poudre qui vous envoie sans bruit au delà de l’Achéron, où nul coq ne crie après vous? Non, frère Maurice, ta proposition est bonne, mon catéchisme parle comme toi.
SCHUFTERLÉ,
Tonnerre! Et le mien pareillement. Spiegelberg, tu m’as embauché.
RAZMANN.
Tu as, comme un autre Orphée, endormi par ton chant la bête hurlante qui est ma conscience. Prends-moi tout entier, comme me voilà.