SCÈNE XII
JULIE, FIESQUE, en conversation.
jolie , fort troublée.
Cessez, comte! Vos galanteries ne tombent plus dans des oreilles inattentives, mais sur un sang qui bouillonne.... Où suis-je? 11 n’y a ici personne que la nuit séductrice. Où votre babil a-t-il entraîné mon cœur sans défense?
fiesque.
Où la passion timide devient plus hardie , où les transports parlent plus librement aux transports.
JULIE
Arrête, Fiesque! Par tout ce qu'il y a de sacré, ne va pas plus loin ! Si la nuit n’était si épaisse, tu verrais mes joues enflammées et tu aurais pitié de moi.
• FIESQUE
Tu es loin de compte, Julie. Justement alors, mon émotion, voyant le signal de feu de la tienne, déborderait avec plus de témérité. (Il lui baise la main avec passion.)
JULIE
Homme, ton visage est brûlant de fièvre, comme ton langage. Malheur! du mien aussi, je le sens, jaillit un feu ardent et coupable. Cherchons la lumière , je t'en supplie. Nos sens soulevés pourraient entendre le dangereux conseil de cette obscurité. Va! ces rebelles, dans leur effervescence, loin des pudiques regards du jour, pourraient exercer leur art pervers. Viens parmi les hommes, je t’en conjure.