ACTE V, SCÈNE I
ANDRÉ rit.
Tu es de bonne humeur, ami! Apporte tes facéties de jour. Minuit est une heure inaccoutumée.
FIESQUE
Tu railles ton bon génie?
ANDRÉ
Je le remercie et vais me coucher. Fiesque s'est assoupi dans la débauche et n'a pas de temps de reste pour songer à Doria.
FIESQUE
Malheureux vieillard!... ne te fie pas au serpent. Sept couleurs brillent à l’envi sur son dos chatoyant.... Tu approches.... et soudain la spirale meurtrière t’enlace. Tu t'es moqué de l'avis d’un traître, ne te moque pas du conseil d’un ami. Un cheval est sellé dans ta cour. Fuis à temps. Ne te ris pas d'un ami.
ANDRÉ
Fiesque a l'Aine noble. Je ne l’ai jamais offensé, et Fiesque ne me trahira pas.
FIESQUE
11 a l’Ame noble, il te trahit : il t'a donné des preuves de l'un et de l’autre.
ANDRÉ
Eh bien , il y a là une garde du corps que nul Fiesque ne pourra renverser, s’il n’a pas des chérubins à son ordre. fiesque, avec sarcasme.
Je voudrais parler à cette garde, la charger d’une lettre à porter dans l’éternité.
andré , avec grandeur.
Pauvre railleur! ne t'a-t-on jamais dit qu'André Doria est Agé de quatre-vingts ans, et que Gênes.... est heureuse? (Il quitte le balcon.)
fiesque le suit fixement du regard.
Me fallait-il d'abord renverser cet homme , pour apprendre qu’il est encore plus difficile de lui ressembler? (Il fait quelques pas, allant et venant tout pensif.) Eh bien! j’ai rendu générosité pour générosité.... Nous sommes quittes, André! et maintenant, destruction, suis ton cours! (Il s'élance dans la tlernicre ruelle.— Des tambours battent de tous cotés. Combat acharné à la porte SaiiU-
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LA CONJURATION DE FJESQUE
Thomas. La porte est enfoncée et laisse voir le port, où sont des vaisseaux éclairés par des torches.)