‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 278 sur 372 · I.A FEMME · texte numérisé non relu

I.A FEMME

Sois plus aimable, Miller! Uuels beaux deniers rien que les présents ne nous ont-ils pas...?

miller revient et s'arrête devant elle.

Le prix du sang de nia fille ?... N a-t en au diable, infime entremetteuse. J’aime mieux mendier de porte en porte avec mon violon , et donner des concerts pour un peu de soupe.... J’aime mieux briser mon violoncelle et charrier du fumier dans sa caisse d’harmonie , que de me régaler avec de l'argent que mon unique enfant gagnerait au prix de son âme et de son salut.... Renonce à ton maudit café et à ton tabac , et tu n’auras pas besoin de mettre en vente le visage de ta tille. J’ai toujours mangé mon soûl , et j’ai toujours eu une bonne chemise sur le corps, avant que ce mille tonnerres de damoiseau eût fourré son nez dans ma chambre.

LA FEMME

Mais, de grâce, n’enfonce pas tout de suite les portes! Comme tu jettes feu et flamme au premier mot! Je voulais seulement dire qu'il ne faut pas faire affront à monsieur le major, parce qu’il est fils du président.

MILLER

Voilà où gît le lièvre. C’est pour cela , justement pour cela, qu’il faut en finir aujourd’hui même. Le président m’en saura gré , si c’est un père digne de ce nom. Tu vas me brosser mon habit de peluche rouge, et j’irai me faire annoncer à Son Excellence. Je dirai à Son Excellence : * Monsieur votre fils a jeté les yeux sur ma fille; ma tille est trop peu de chose pour être la femme de monsieur votre fils; mais pour être la catin de monsieur votre fils, ma fille a trop de prix , et sur cela.... suffit!... Je me nomme Miller. »

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