ACTE I, SCÈNE III
le monde, et pourtant je me rappelle qu’il n'avait jamais été si beau. Je ne pensais plus à Dieu, et pourtant je ne l’avais jamais tant aimé.
miller s'élance vers elle et la presse sur sa poitrine.
Louise.... chère.... adorable enfant.... Prends ma vieille tête débile.... prends tout.... tout!... Le major.... Dieu m’en est témoin.... jamais je ne pourrai te le donner. (Il sort.)
LOUISE
Aussi je ne veux pas l'avoir maintenant, mon père! Cette pauvre goutte de rosée qu'on nomme le temps.... un seul rêve, occupé de Ferdinand, suflit à l’absorber délicieusement. Je renonce à lui pour cette vie. Puis après, mère, après, quand les barrières de la séparation seront renversées.... quand nous rejetterons loin de nous cette odieuse enveloppe des conditions diverses.... que les hommes ne seront que des hommes.... Alors, je n'apporterai avec moi que mon innocence; mais mon père a dit si souvent que les parures et les titres pompeux seront de peu de valeur quand Dieu viendra , et que le prix des cœurs haussera. Alors je serai riche. Là-haut, les larmes comptent pour des triomphes et les bonnes pensées pour des aïeux. Alors je serai noble, mère!... Qu’aura-t-il alors, je te le demande, de plus que son amie?
la femme saute en l'air.
Louise! Le major! 11 franchit la planche du ruisseau. Où me cacher?
Louise commence à trembler.
Restez donc , ma mère.
LA FEMME
Mon Dieu! comme je suis faite! c'est à en rougir! Je ne puis pas paraître ainsi devant Sa Seigneurie ! (Elle sort.)
L'INTRIGUE ET L’AMOUR