FERDINAND DE WALTER, LOUISE
Il vole vers elle. — Elle tombe, faible et décolorée sur un fauteuil. —
Il s'arrête devant elle. — Ils se regardent pendant quelque temps
en silence. — Pause.
FERDINAND
Tu es pâle, Louise? t
Louise se lève et se jette à son cou.
Ce n’est rien, rien ! N’es-tu pas là? C’est passé.
Ferdinand , lui prenant la main et la portant à ses lèvres.
Et ma Louise m’aime-t-elle encore? Mon cœur est ce qu’il était hier, en est-il de même du tien? Je ne fais qu’entrer bien à la hâte , je veux voir si tu es calme et sereine, m’en aller et l'être aussi.... Tu ne l’es point!
LOUISE
Si , si , mon bien-aimé.
FERDINAND
Dis-moi la vérité. Tu ne l'es point ! Je vois à travers ton âme, comme à travers l’eau limpide de ce brillant. (Il montre sa bague.) Ici, il ne s’attache point une petite bulle de vapeur que je ne la remarque.... Sur ce visage, il ne peut poindre aucune pensée qui m’échappe. QiTas-tu i djs-le bien vite. Pourvu que ce miroir soit clair à mes yeux, le monde est pour moi sans nuages. Qu’est-ce qui te chagrine?
LOUISE le regarde quelque temps en silence et d'un air expressif, puis elle dit avec mélancolie:
Ferdinand ! si tu savais comme ce langage va bien à la petite bourgeoise....
FERDINAND
Qu’est-ce que cela? (Avec surprise.) Jeune fille, écoute! D’où te vient cette idée?... Tu es ma Louise ! Qui te dit que tu doives être encore autre chose? Vois-tu, méchante , de quelle froide pensée je te trouve occupée ? Si tu n'étais qu 'amour pour moi , où aurais-tu trouvé le temps de faire une comparaison? Quand je suis près de toi, toute ma raison se fond en un regard.... en