SCENE VI
LE MARÉCHAL DE KALR, en habit de cour, riche, mais sans goût, avec une clef de chambellan, deux montres et une épée, chapeau bas, frisure à la hérisson ; il vole, avec fracas, vers le président et répand sur tout le parterre une odeur de musc; LE PRÉSIDENT.
le maréchal, l'embrassant.
Ah! bonjour, mon très-cher! Comment avez-vous reposé? Comment avez-vous dormi?... Vous pardonnez, n’est-ce pas? si j’ai si tard le plaisir.... Des affaires pressantes.... le menu du diner.... des cartes de visite.... l’arrangement des divers groupes pour la partie de traîneaux d’aujourd’hui.... Ah!... et puis, il fallait bien que je fusse au lever pour annoncer à Son Altesse Sérénissime le temps qu’il fait.
LE PRÉSIDENT
Oui, maréchal, je vois que vous ne pouviez vraiment pas être libre.
LE MARÉCHAL
Et par-dessus tout cela, ce coquin de tailleur m’a fait attendre.
LE PRÉSIDENT
Et pourtant en règle et tout prêt?
LE MARÉCHAL
Ce n’est pas encore tout. Aujourd'hui un malheur en amenait un autre. Écoutez seulement.
le président, distrait.
Est-il possible?
LE MARÉCHAL
Écoutez seulement. A peine suis-je descendu de voiture que les chevaux s'effarouchent, frappent le pavé et ruent, de façon.... je vous prie.... que la boue de la rue m’éclabousse