‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 291 sur 372 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

FERDINAND, LE PRÉSIDENT; WTJRM, qui sort aussitôt.

FERDINAND

Vous avez ordonné, monsieur mon père,...

LE PRÉSIDENT

Hélas! il le faut bien, quand je veux unefois jouir de la vue de monlils....Laissez-nous seuls, Wurml... Ferdinand, je t’observe déjà depuis quelque temps , et je ne retrouve plus cette vive et confiante jeunesse qui autrefois me charmait tant. Un étrange chagrin siège sur ton visage. Tu me fuis.... tu fuis tes cercles ordinaires.... Fi! à ton âge on pardonne dix extravagances plutôt qu’un seul accès de sombre humeur. C’est à moi que convient cette disposition-lâ. Laisse-moi travailler à ton bonheur, et ne pense à rien qu’à jouer dans mon jeu.... Viens, embrasse-moi , Ferdinand !

Vous êtes aujourd’hui bien bon pour moi, mon père.

LE PRÉSIDENT

Aujourd’hui, fripon!.... et encore cet aujourd’hui est-il accompagné d’une aigre grimace. ( Sérieusement .) Ferdinand!... Pour l’amour de qui me suis-je frayé la route périlleuse qui mène au cœur du prince? Pour l’amour de qui ai-je rompu à jamais avec ma conscience et avec le ciel?... Écoute, Ferdinand.... Je parle à mon lils.... A qui ai-je fait place en écartant mon prédécesseur?... histoire qui me fait d’autant plus saigner le cœur, que je cache avec plus de soin le poignard aux yeux du monde. Écoute! dis-moi, Ferdinand! Pour qui ai-je fait tout cela?

Ferdinand recule avec effroi.

De grâce, pas pour moi, mon père? Ce n’est pas sur moi que doit tomber le reflet sanglant de ce crime ? Par le Dieu toutpuissant! il vaut mieux n’être jamais né que de servir d’excuse à un tel méfait.

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