ACTE I, SCENE VII
plus longtemps à une supposition où il me devient insupportable de m’appeler votre lils.
LE PRÉSIDENT
Enfant, es-tu fou? Quel homme de sens ne serait avide de la distinction d’alterner en lieu tiers avec son souverain?
FERDINAND
Vous devenez pour moi une énigme, mon père! Vous nommez cela une distinction.... une distinction d’entrer en partage avec le souverain, là où lui -même se dégrade au-dessous de l'homme?
le président pousse un éclat (le rire.
FERDINAND
Vous pouvez rire.... et je veux passer là-dessus, mon père! De quel front paraltrais-je devant le dernier des artisans, à qui sa femme apporte au moins pour dot un corps intact? De quel front , devant le monde? Devant le prince? De quel front, devant la courtisane elle-même, qui laverait dans ma honte la flétrissure de son honneur?
Où diable, mon garçon, prends-tu tout ce bavardage?
FERDINAND
Mon père, je vous en conjure au nom du ciel et de la terre! Vous ne pouvez, en livrant ainsi votre lils, devenir aussi heureux que vous le rendez malheureux. Je vous donne ma vie, si cela peut vous faire monter plus haut. C’est de vous que je tiens la vie; je n’hésiterai pas un instant à la sacrifier tout entière à votre grandeur.... Mon honneur, mon père!... si vous me le prenez, oh! alors, ç'a été un acte d’odieuse légèreté de me donner la vie, et je suis contraint de maudire le père, comme je maudis l’entremetteur.
le président, d'un Ion amical, en lui frappant sur l'épaule.
Bravo, mon cher lils! Je vois maintenant que tu es vraiment un homme, un homme digne d'avoir la meilleure femme de tout le duché.... Elle sera à toi.... Cette après-midi même, tu seras fiancé avec la comtesse d'Ostheim.
Ferdinand, de nouveau consterné.
Cette heure est-elle doue destinée à m'accabler entièrement ?
bCUILLEit. — TH. 1
L’IXTRIGUE ET L’AMOUR.
le président, T épiant du regard.
A cela ton honneur n’aura rien à objecter, j'espère?
Non, mon père. Frédérique d’Ostheim pourrait faire de tout autre que moi le plus heureux des mortels. ( A part, dans le plus grand trouble. ) Ce que sa méchanceté m'avait encore laissé d’intact dans le cœur, sa bonté le déchire.
le président, les yeux toujours fixés sur lui.
J'attends l’expression de ta reconnaissance, Ferdinand!
Ferdinand s’élance vers lui et lui baise la main avec ardeur.
Mon père, votre bonté enflamme tout ce que j’ai de sentiment.... Mon père, mes remercîments les plus ardents pour votre cordiale intention.... Votre choix est irréprochable.... mais.... je ne puis.... je ne dois.... plaignez-moi.... je ne puis aimer la comtesse!
le président , reculant d’un pas.
Holà! maintenant je vous tiens, mon jeune monsieur! Ainsi, il est tombé dans le piège, l’hypocrite rusé.... Ainsi, ce n’était pas l’honneur qui t'éloignait de milady.... Ce n'était pas la personne , c’était le mariage que tu avais en horreur.
Ferdinand s’arrête comme pétrifié , puis il s'élance et veut s’enfuir. le président.
Où vas-tu? Demeure. Est-ce là le respect que tu me dois? {Le major revient.) Tu es annoncé chez milady. Le duc a ma parole. La ville et la coursavent quec’estune affaire conclue.... Si tu fais de moi un menteur, enfant.... si aux yeux du prince.... de milady.... de la ville.... de la cour, tu fais de moi un menteur.... Écoute, enfant.... ou si je viens à découvrir certaines histoires!... Demeure! Holà! qu'est-ce qui éteint ainsi tout à coup le feu de tes joues?
Ferdinand , blanc comme la neige et tremblant.
Comment? Quoi ? Il n’y a rien assurément, mon père. le président , fixant sur lui un regard terrible.
Et s’il y a quelque chose.... et si je viens à trouver la trace de ce qui cause cette résistance.... Ah! jeune homme, le soupçon seul me met déjà en fureur. Va sur-le-champ! La parade commence. Tu seras chez milady, dès que le mot d’ordre sera donné.... Quand je me montre, tout un duché tremble! Voyons