SCÈNE II
DN VIEUX VALET DE CHAMBRE DU PRINCE, portant un écrin; LES PRÉCÉDENTES.
LE VALET DE CHAMBRE
Son Altesse Sérénissime le duc offre ses compliments à milady et lui envoie ces brillants pour son mariage. Ils viennent d’arriver de Venise.
L’INTRIGUE ET I.’AMOÜR.
milady a ouvert r écrin et recule effrayée.
Nomme ! combien ton duc paye-t-il pour ces pierreries?
LE VALET DE CHAMBRE, (fun air Sombre.
Elles ne lui coûtent pas un denier.
MILADY
Ouoi? Es-tu fou? llien?... Et (s'éloignant de lui (T un pas) tu me jettes un regard , comme si tu voulais me percer le cœur.... Ces pierreries d’une valeur inappréciable ne lui coûtent rien?
LE VALET DE CHAMBRE
Nier sept mille enfants du pays sont partis pour l’Amérique.... Ils payent tout.
milady dépose subitement f écrin, parcourt rapidement le salon;
puis, après une pause, s'adressant au valet de chambre .
Homme! Qu’as-tu? Je crois que tu pleures? le valet de chambre s’essuie Jes yeux, puis d'une voix effrayante, et tremblant de tous ses membres.
Des pierreries, comme celles-là.... j’y ai aussi une couple de lils.
milady se détourne tout émue, lui prenant là main.
Mais aucun de contraint?
le valet de chambre, avec un rire terrible. *
Oh! mon Dieu!... non.... rien que des volontaires. Il est bien sorti des rangs quelques garçons indiscrets qui ont demandé au colonel combien le prince vendait l'attelage d’hommes?... Mais notre gracieux souverain fit avancer tous les régiments sur la place de la parade et fusiller les badauds. Nous entendîmes la détonation des carabines, nous vîmes leur cervelle jaillir sur le pavé, et toute l'armée cria : «Hourra ! En route pour l’Amérique!* milady tombe, saisie d’horreur, sur le sofa.
Dieu! Dieu! et je n’ai rien entendu? et je n’ai rien remarqué?
LE VALET DE CHAMBRE
Oui, gracieuse dame!... Pourquoi fallait-il que vous fussiez tout juste en route avec monseigneur, pour la chasse à l’ours, quand on a battu pour le départ?... Vous n’auriez pas dû manquer ce superbe spectacle, quand soudain le bruit du tambour nous annonça qu’il était temps, quand, d’un côté, des orphelins éplorés poursuivaient de leurs lamentations un père vivant, que, de l'autre, une mère en délire s'élançait pour jeter sur la pointe
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