ACTE II, SCÈNE VI
insolente manière de voir.... Allez ! Qu’on fasse venir les gens de justice. ( Quelques hommes de la suite sortent. Le président court, furieux . par la chambre.) Le père à la maison de force.... Au pilori la mère et sa catin de tille.... La justice prêtera son bras à ma fureur. Pour cet alïront , j'aurai une satisfaction terrible.... Une telle canaille renverserait mes plans , et exciterait impunément l’un contre l’autre le père et le fils !... Ah , maudits ! j’assouvirai ma haine dans votre ruine; toute la couvée, père, mère et fille, je les sacrifierai à mon ardente vengeance.
Ferdinand s'avance entre eux , avec calme et fermeté.
Oh ! noh pourtant ! soyez sans crainte. Je suis là. (.lit président, d'un ton soumis.) Pas de précipitation, mon père! Si vous vous aimez vous-même, pas de violence!... Il y a une région dans mon cœur où le nom de père n’a encore jamais été entendu.... Ne pénétrez pas jusque-là!
LE PRÉSIDENT
Vaurien ! tais-toi ! N’excite pas encore plus ma colère. miller, qui était demeuré pensif, sort tout à coup de sa stupeur.
Veille sur ton enfant, femme ! Je cours chez le duc!... Le tailleur de Son Altesse.... C’est Dieu qui m’a inspiré cela.... Le tailleur de Son Altesse prend chez moi des leçons de flûte. Je ne puis manquer d’arriver jusqu’au duc. ( Jf veut sortir.)
LE PRÉSIDENT
Au duc, dis-tu?... As-tu oublié que je suis le seuil qu’il faut que tu franchisses, si tu neveux te casser le cou?... Au duc, imbécile ? Essaye-le , quand tu seras enterré tout vivant dans un cachot souterrain, aussi bas que la tour est haute , où la nuit fait les yeux doux à l’enfer , et où le son et la lumière n’ont pas d’accès. Alors fais sonner tes chaînes et crie en pleurant : « Mon sort est trop affreux ! »