ACTE V, SCÈNE II
ficile de contrefaire les écritures que de corrompre les cœurs?.... Dis-moi la vérité, Louise!... Ou plutôt, non, non, ne le fais pas.... Tu n'aurais qu’à dire oui , et je serais perdu.... Un mensonge, Louise, un mensonge!... Oh!... si maintenant tu en imaginais un, si tu me le jetais avec cette physionomie d’ange, si ouverte ; si seulement tu persuadais mon oreille et mes yeux, dusses-tu tromper ce cœur de la manière-la plus abominable!... O Louise! que dès lors, à ta voix, j’y consens, toute vérité sorte de la création et que le bon droit désormais condamne sa tête altière aux courbettes des courtisans! ( D'une voix timide et tremblante : ) As-tu écrit cette lettre ?
LOUISE
Par le nom de Dieu ! le nom redoutable du Dieu de vérité ! Oui!...
Ferdinand , après une pause , arec l'expression de la plus vive douleur.
Femme! femme!... Le visage avec lequel tu es là maintenant devant moi.... mets en vente , avec ce visage, les délices du paradis , tu ne trouveras pas d’acquéreur , même dans l’empire de la damnation.... Savais-tu ce que tu étais pour moi , Louise? C'est impossible! Non! Tu ne savais pas que tu étais tout pour moi ! Tout !... C'est un pauvre et misérable petit mot , mais l’éternité a de la peine à l’embrasser entièrement; des systèmes de mondes achèvent leur révolution dans son sein.... Tout! et s’en jouer si criminellement!... Oh! c'est épouvantable!
LOUISE
Vous avez mon aveu , monsieur de Walter. Je me suis condamnée moi-même. Allez maintenant! Quitte? une maison où vous avez été si malheureux.
FERDINAND
Bien! bien! Ne suis-je pas calme?... Calme! n’est-ce pas ce qu’on dit aussi d’une contrée sur laquelle la peste a passé?... Je le suis. ( Après un moment de réflexion.) Encore une prière, Louise.... la dernière! Ma tète est brûlante de fièvre. J’ai besoin de me rafraîchir. Veux-tu me préparer un verre de limonade ? ( Louise sort. )
L’INTRIGUE ET L’AMOUR