ACTE IV, SCÈNE V
GRIMM
Patience! Il faut qu’il tire une troisième fois. (On entend encore un coup.)
SCHWARZ
C’est lui!... c’est lui.... Sauve-toi, Schweizer.... Laisse-nous lui répondre. (Ils tirent.)
MOOR, KOSINSKY entrent.
schweizer va au-devant d'eux.
Sois le bienvenu, mon capitaine!... J’ai été un peu prompt, . depuis ton départ. (Il le mène devant le cadavre.) Sois juge entre moi et cet homme.... Il voulait te tuer par derrière.
les brigands, avec consternation.
Quoi? Le capitaine?
moor, absorbé dans la contemplation du cadavre, éclate violemment.
O doigt mystérieux de Némésis, habile à la vengeance!... N’est-ce pas lui qui jadis me fredonna le chant de la sirène?... Consacre ce couteau à la sombre rémunératrice. Ce n’est pas toi qui as fait cela , Schweizer.
SCHWEIZER
Par Dieu! c’est vraiment moi qui l'ai fait, et ce n’est, diantre! pas la plus mauvaise action que j'aie faite de ma vie. (Il se retire avec humeur.)
moor, pensif.
Je comprends.... Arbitre céleste!... je comprends.... Les feuilles tombent des arbres.... et mon automne est venu! Éloignez-le de devant mes yeux. (On emporte le cadavre de Spiegelberg.)
GRIMM
Donne-nous tes ordres, capitaine.... Que devons-nous faire maintenant?
MOOR
Bientôt.... bientôt, tout sera accompli.... Donnez-moi mon luth.... Je me suis perdu moi-même, depuis que j’ai été là.... Mon luth, vous dis-je.... Il faut que ses accords raniment ma force.... Laissez-moi!
LES BRIGANDS
LES BRIGANDS
Il est minuit, capitaine.
Mais ce n’étaient que des larmes dans une salle de théâtre.... 11 faut que j'entende le chant des Romains, pour que mon génie endormi se réveille.... Mon luth.... Minuit, dites-vflus?
SCHWARZ
Bientôt passé, sans doute. Le sommeil pèse sur nous comme du plomb. Depuis trois jours, pas un œil ne s'est fermé.
MOOR
Le baume du sommeil descend-il donc aussi sur les yeux des scélérats? Pourquoi me fuit-il? Je n’ai jamais été un lâche ni un mauvais drôle.... Couchez-vous et dormez.... Demain, au jour, nous irons plus loin.
LES BRIGANDS
Bonne nuit, capitaine! (//s sc couchent par terre et s'endorment.)
Profond silence.
MOOR prend le luth et chante en s'accompagnant :