‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 107 sur 311 · PARABOLES ET ÉNIGMES · texte numérisé non relu

PARABOLES ET ÉNIGMES

Des plus hauts navires les plus hauts mâts passent sous son arche; lui-même n'a encore porté nulle charge, et, dès que tu approches , il semble fuir.

Il ne naît qu’avec le torrent, et disparaît sitèt que les ondes tarissent. Dis-nous où se trouve ce pont, et qui l’a construit avec tant d’art '.

n te mène à des milles de distance, et pourtant demeure toujours à sa place ; il n’a point d’ailes à déployer, et t’emporte à travers les airs. C’est le plus rapide esquif qui jamais ait conduit voyageur , et à travers la plus vaste des mers, il te porte avec la vitesse do la pensée; un clin d'œil lui suffit

lui en vers allemands, fut représcnWo pour la premitro fois à Weimar le 30 janvier 1802. Dans cette pièce, le sort du héros dépend de la solution de trois énigmes, et & chaque représentation Schiller en imaginait do nouvelles. Des trois qui sont imprimées dans la pièce même, la deuxième et la troisième sont ici la sixième et la dixième; quant k la première, que le poète n'a pas insérée dans son Recueil de poésies détachées, en voici la traduction ;

€ L’arbre sur lequel les enfants des mortels fo fanent et périssent, arbre vieux comme les pierres, mais néanmoins toujours jeune et vert, tourne d’un cité ses feuilles à la lumière; mais le revers est noir comme le charbon et ne voit pas le soleil.

» 11 forme , toutes les fois qu’il fleurit , de nouveaux anneaux ; il indique aux hommes l’âge de toutes choses. Dans son écorce verte, un nom s’imprime aisément , mais ne se trouve plus quand elle se sèche et pâlit.

f Dis , peux-tu deviner ce qui ressemble à cet arbre ? »

Voici quelle est dans Turandot la solution de cette énigme :

€ Ce vieil arbre qui toujours se renouvelle, sur lequel les hommes croissent et se fanent, et dont les feuilles, d’un côté, cherchent le soleil, et, do l’autre, le fuient, dans l’écorce duquel s’écrit maint nom, qui n’y demeure que tant qu’elle est verte : c’est l’année , avec ses jours et ses nuits. >

Si réellement Schiller a changé chaque fois les énigmes, la pièce a été représentée cinq fois de son vivant. Avec celle que nous venons de traduire dans cette note, nous en avons quatorze, et Goethe en composa une quinzième pour l’une des représentations.

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