VIE ÜE SCH1M.EH
c'est & peine si j'ai pu cinq fois aller en plein air, et maintenant je me sens comme un prisonnier qui vient pour la première fois à la lumière du jour. » Malheureusement le temps était mauvais et le changement de séjour lui fut moins salutaire qu’il ne l’avait espéré. Souvent il était si souffrant qu’il gavait plus aucun goût h l’élude, s h penser, dit-il, et à écrire. • Dès que sou mal lui laissait quelque répit, il se remettait au travail, soit à ses traités d’esthétique, soit h la révision des poésies de sa jeunesse, dont il préparait un recueil. Il consulte, au sujet de celte révision, son aristar(|ue ordinaire, Kicmer, qui l’engage à n’étre pas trop sévère. « Corrige les fautes de langue et de versification, mais sois indulgent pour un certain luxe d'images, pour la fougue juvénile, qui doit te déplaire aujourtHmi que tu as changé de manière, mais qui convient au Ion de quelques-uns de ces poèmes, fort estimables en leur genre. Je sais bien ce que le goût plus mûr rejette; mais il suffira pour ta justification d'écrire la date au haut de chaque poème. » Kcerner n’avait plus VAiUhologît; il indique de mémoire h .son ami dix-sept morceaux, .soit contenus dans ce recueil, soit d’une date postérieure, (pii, à ses yeux, méritent, sans nul doute, d’étreconsei-vés. En tète, il place les/friwto, dont Schiller, les jugeant eu philosophe plus qu’en poète, n’est plus content, bien que ce soit sa plus récente jioésie ; et la raison de ce mécontentement, c%st que ses idées sur l'art se sont depuis bien étendues et que ses points de vue ont changé. Pamii les pièces que Kœmer a omises dans sa liste, l’auteur demande gr&ce pour Hector et Andromaque, qu’il nomme l’une de ses meilleures , et il pense qu’Jnia/ie dans le jardin et le Hutii.vxcMeur, unedes poésies h Laure, sont dignes aussi de pardon. En revanche, il aurait bien envie de sacrifier’Lui/re au clavecin, que sou ami a épargnée. Ce qui le charme dans ce travail de correction , c’est qu’il se sent encore poète. * Je peuse, dit-il, que tu seras forcé d'avouer, en relisant, après ma révision, et sous leur fonne nouvelle, mes Dieux de la Grèce, que les Muses ne m’ont pas encore abandonné, et que la critique n’a pas fait fuir l’inspiration. >
Il y avait uiixe ans que Schiller était loin de son ]>ays. Un vif désir de le revoir , de respirer l’air natal , de. visiter .sa famille , s’empara de sou cu’ur. Dans une lettre du 1” juillet, il annonce son voyage h Koemer, comme une résolution arrêtée. « C’est tout l’espoir de mou père, lui dit-il, et je lui dois celte maïque d’affection. Au mois d’octobre, il aura soixante-dix ans; l’on ne peut donc plus avec lui rien SCaiLLES. — rov.siEs. 8
remettre. » Il attend au.ssi d’heureiu effets de ce diauperaent d'air jRiur sa santé, peur celle de sa femme, qui, depuis quel<|ues mois, lui cause de l’inquiétude. Il fut ra.ssiiré, grâce h Dieu, sur le compte di Cliarlutte, avant du quitter léiia, et aux alarmes suaV-da un deux e.si>oir. « Je ne puis dire, éci’il-il, cumliien j'ai le cmur coûtent, depuis que mou inquiétude s’est dissipée, et <jue je vois venir le jour qui doit luettre le comlde à mou bonheur dome.slique. J'avais .souvent besoin de toute ma j)liilo.sopliie pour tenir éveillé mon courage, en voyant soiilTrir ma (jbarlotte, en sentant la décadence de ma jiropre santé. Maiuteiiaut je suis délivré de la moitié de ma peine, et l’autre moitié, celle (jui me touche |>ersuunellcmeut , m'est au.ssi bien moins sensible. Il me semble voir le flambeau de ma vie qui s'éleiut se rallumer h celui d’une autre, et je suis réconcilié avec le destin. > C'était h Heilbronn, ville bbre impériale, qu'il comptait passer l'hiver. Il y ari'iva avec .sa femme le 8 août , tivs-fatigué du voyage, et obligé de garder le lit |)cudaut les premiers jours; mais la vue de ses jiareuts et de ses su'urs , (]ui s'étaient erapressi's d’accourir à lleilbroiin , le bon accueil (pi’il revut des autorités de la ville, de tous ses concitoyens, le bonheur de se seutir daus son jiays, mm loin des lieux où il était né (il les pouvait découvrir du haut du Wartberg), tout .se réunit pour nijouir .son comr, et la joie ]iarut ranimer sa santé. •
C’était toujours Charles-Eugène (pii rt^gnait en Wurtemberg; Schiller lui adre.ssa une lettre rcs|ieclueu.se et n’obtint pas de réponse, mais il apprit par des amis que le duc avait dit ; < Si Schiller entre en Wurtemberg , je l’ignorerai. ■ 11 y entra en effet, et visita Ludwigsbourg et la Solitude, sans aller rendre ses devoirs au roi de Souabe, comme il le nomme. Sûr de n’étre pas inquiété, et c’était tout CO qu’il voulait du duc, il quitta, peu après cette visite, Heilbroun, où il était trop loin des siens, et où, du reste, il ne se plaisait pas, pour venir s'établir h Ludwigsbourg , qui n’est qu’h trois lieues de la Solitude, où demeuraient ses parents, ainsi que de Stuttgart. C’est lù, dans celte petite ville, toute ]>leine des souvenirs de son enfance, qu’il goûta les premières joies de la paternité: le 14 septembre 1793, Charlotte lui donna un lils, qu’il nomma Charles-Frédéric-Louis'. Après l’accouchement, qui fut long et pénible, et pen-
l. CharleS'Frôdéric Louis Schiller est mort à StuUgai t le !21 juin 1857, à l'Age (lu soixante-quatre ans. Il avait été conservateur des foréU (Ot>frfôrster) et avait résidé successivement à Rotlwci), & Neustatit, à Lorch et à Oœûnd. U a
VIE DE SCniEEER.
dant lequel il fit de valus efforts pour déguiser ses alarmes, son bonheur éclata avec transport. Quel idéal, même pour un Schiller, vaut une telle réalité? Un de ses anciens camarades, Conz, nous raconte que c’était plaisir de le voir admirer, caresser du regard , observer avec tendresse < sou fils d'or {seincn Goldsohn), le Charles de son cœur, > conune il l'appelait. U venait de lire les Institutions oratoires, il voulait l’élever selon les principes de QuiuliUen, écrire lui-méme, à sou inteution, un traité de l'éducation. < Autant ({u'il dépendra de moi, j’en ferai, dit-il gaiement dans une de ses lettres, écrite cinq jours après l'heureiu événement , un héros de plume {einen Federlield), afin qu’il puisse écrire la seconde partie des ouvrages que sou père a commenci's, et, s’il plaitk Dieu, commencera encore. * U retrouva à Ludwigsbourg son coudisci|de de Hoven, devenu médecin de la cour, qui prodigua les soins les jilus attentifs k la femme de son ami. Elle put bientôt s’en ]>a.sser. < La mère et l’enfant se portent très-bien, écrit l'heureux père, et j’ai du moins le bonheur d’étre maintenant le seul malade dans ma maison. > De Hoven fut émerveillé des changements qu’il remarqua dans la personne de Schiller, mais attristé eu même temps de l’état de sa santé. < Sou feu juvénile s’était adouci, racunte-t-il; il avait beaucoup plus de dignité dans toute sa manière d’étre; k la négligence d’autrefois s'était substituée une bienséance élégante, et sa maigreur, sou ap|iarence pâle et maladive achevaient ce que son aspect avait d’intéressant. Malheureusement la douceur de son commerce était troublée fréquemment, pr&sque tous les jours, par ses indispositions; mais aux heures oii il se trouvait mieux, avec quelle abondance s’épanchait la richesse de sou esprit ! combien son cœur tendre et sympathique se montrait aimant ! avec quelle évidence s’exprimait dans tous ses discours, dans toutes ses actions, .son noble caractère ! quelle bienséance dans sa gaieté, jadis un peu abandonnée I quelle dignité jusque dans ses plaisanteries! Bref, il était devenu un homme accompU. > Cliarles-Eugène, qui était déjk très-gravement malade au moment où Scliiller lui écrivit, mourut le 24 octobre. Son ancien élève put dire de lui, comme Corneille de Richelieu :
Il m’a fait trop de bien pour en dire du mal ,
11 m’a fait trop de mal pour en dire du bien;
ou plutôt on s’explique que tour k tour, selon les souvenirs qui pre-
laiseé un flU, Frédéric-Louis-Ernest, né en I8'2G, qui est officier dans l'armée antrichienne.
VIE DE SEHIELEH.
naieut le dessus, il en ait parlt^ avec éloge et blême; que, dans une promenade eu compagnie de Hoveu, il contemple sa tombe avec émotion et mette ses qualités au-dessus de ses défauts, et que dans une lettre à Kreruer il laisse échapper cette pTirase amère : « La mort du vieil Hérode n’a nulle influence sur moi ni sur ma famille, sinon en ce sens que tous ceux qui avaient affaire directement au maître, comme mon père, se trouvent très-bien d’avoir maintenant devant eux un homme. C'est ce qu’est le nouveau duc (Frédéric-Eugène), dans toutes les bonnes et mauvaises acceptions du mot. » Cependant, maigri' les instances de son père, il ne voulut pas adresser à ce nouveau duc un hommage poétique, qu’on eût pris peut-être pour une marque de la joie que lui causait la mort de son prédécesseur. La lettre qui renferme les paroles sévères que nous venons de citer est, du reste, une des plus tristes que Schiller ait écrites, la plus sombre de toutes, peut-être. Son mal si o])iniùtre, sans nul ]irogrès, dit-il, ni en bien ni en mal, l’accable et le décourage. 11 est mécontent des autres et de lui-même, il doute de son génie, désespère de l’avenir, c Fasse le ciel que la patience ne m’échap|>e [las, et qu’une vie si souvent interrompue par une véritable mort garde encore pour moi quelque prix ! • Après cette lettre, pendant près de demx mois, il garde lu silence, il ne veut ni ne peut plus correspondre avec personne. Le 3 février 1794, il écrit h Kfcrncr : « Je vis encore et le fatal mois de janvier est passé; c’est donc, il faut l’espérer, encore un répit pour quelque temps. » Puis, après ce triste début, ajirès quelques nouvelles rapides de sa femme, de • son cher jwtil, qui est vif comme la vie mémo, » il se met h lui parler de ses l.elires esthétiques, lui expose longuement toute une théorie du génie, de la science, de l’art. Au milieu de mars, il lui annonce qu’il a changé de séjour, qu’il est à Stuttgart. Combien il regrette de ne s’y être pas établi plus tôt, d’être resté privé si longtemps de toute société attrayante, de tout contact avec de c bonnes têtes! • Il jouit surtout ducommeree du scidpteur Dannecker, qui avait été son condisciple h l’Académie militaire. Cette école, qui leur avait laissé sans doute k tous deux des souvenirs de nature fort diverse, ne survécut pas à son fondateur, et les deux camarades purent en déplorer ensemble, comme Schiller le fait pour son compte dans une lettre de ce temps-lk, la suppression. Dannecker avait passé quatre ans k Rome, il s’y était admirablement cultivé, et ses entretiens étaient pour notreauteur, alors occupé de la philosophie de l’art, aussi utiles qu’agréables. Un
VIE DE scinu.En.
précieux souvenir de ieiir rencontre est le beau buste du poète, que Dannecker, profitant de l'occasion, s'empressa de modeler, et qui orne aujourd'hui la bibliothèque prand-ducale de Weimar.
Schiller fit connaissance k cette époque avec quelques autres hommes distingués, parmi lesquels il faut compter Matthisson, dont nous avons déjà parlé, et Fichte, qui venait de Suisse et était h la veille de partir pourléna,oii il devait professer la philosophie k la place deHeinhold.
Il rencontra Fichte k Tübingue, en allant y rendre visite k son ami et ancien maître Abel, qui se montra fier de son élève , et heureux de le voir si près du but auquel il avait a.spiré, bien qu’il l’entèndit se plaindre d’être toujours loin de son idéal, et qu’il le vît tendre .'ans cesse k une plus grande perfection. A Lndwigsbourg, il avait retrouvé dans ses modestes fonctions d’autrefois son vieux professeur lahn , et des élèves qui étaient alors sur ces bancs où lui-méme il s’était assis jadis, ont raconté qu’il avait pris plaisir plus d’une fois k leur venir faire la classe au lieu et place de l’instituteur émérite.
Pendant son voyage k Tübingue, il entra en relation avec la librairie Cotta, k la tète de laquelle étaient alors Frédéric Cotta, depuis baron Cotta de Cottendorf, et Chr. J. Zahn, qui plus tard composa la belle mélodie de la chanson des cavaliers du Caihp de W'aflenslein. Ce fut une relation durable d’amitié et d’affaires, et c’est dans ses entretiens avec ces deux hommes de mérite (jue fut conçu k cette époque le double plan de la Gazette politique ([ue dirigea Posselt, au refus de Schiller, et que publie encore aujourd’hui la maison Cotta sous le nom de Gazette universeile, et du journal littéraire mensuel que nous verrons bientôt paraître sous le titre des Heures, ^ et k la direction duquel Schiller se consacra avec la plus grande ardeur.
Sa pension danoise allait cesser k la fin de 1794; il fallait y substituer une autre source de revenu, qu’il espérait s’ouvrir au moyen de cette publication périodique. «Il faut, disait-il, que ce journal soit une œuvre qui fasse époque, que tout ce qui prétend avoir du goût nous achète et nous lise. » Une autre perspective, si sa santé ne la lui eût interdite, lui aurait pourtant, ce semble, souri davantage.
« Faut-il que ma maladie me contrarie en toute chose? écrivait-il k Kœmer au mois d’octobre 1793. Je pourrais vraisemblablement obtenir d’étre placé k Weimar en qualité de professeur auprès du jeune prince. Selon toute apparence, son plan d’éducation, maintenant qu’il a dix ans, sera étendu, et comme je suis très-bien auprès du
duc el aussi de la duchesse, et qii'oii aurait à me donner de moins qu’à un autre ce que je touche déjà comme émoluments de ma chaire à lëna, la chose réussirait sans doute. J’aurais alors à Weimar une existence très-tolérable. Mais mes indispositions ne me permettent pas du tout de ]ienser à contracter une obligation. Ce ne serait pas un mauvais poste auprès de notre prince, pour les espérances futures au.ssi, qui, maintenant que j’ai un enfant, me sont moins indifférentes. » Ce prince, fils et successeur de Cliarles- Auguste, que .Schiller eût voulu enseigner, j’ai eu fort souvent l’honneur de le voir lorsqu’il venait visiter la fille de sa sœur, Mme la duchesse d’Orléans, dans l’asile qu’il lui avait ouvert, et témoigner la [dus tendre sollicitude à ses petit.s-neveux, mes augustes élèves. Quelle influence eût exercée sur lui tm maître tel que Schiller? Je ne sais, mais il n’eût pu lu inspirer assurément une plus noble et plus touchante bonté, ni dans ses rapports avec ses sujets, une plus loyale droiture.
Après neuf mois de séjour dans son pays. Schiller retourna vers le milieu de mai à léua. Jamais |ieut-étre il n’avait été plus riche en projets d’études et de publications, et ce fut pour lui une grande satisfaction de s’en jiouvoir entretenir avec un ami tel que Guillaume de Humboldt, qu’il trouva à léna, à son retour, et dont la société avait le plus grand charme pour lui. 11 appréciait beaucoup ses qualités aimables et solides ; < Mes idées, disait-il à Kœmer, se dévelojipent, en causant avec lui, d'une manière plus heureuse et plus rapide. D y a dans son être un tout complet qu’on voit très-rarement et que je n’avais trouvé qu’en toi jusqu’ici. > La philosophie et la poésie se disputaient encore .sa préférence. £u Souabe, la poésie avait recommencé à faire valoir .ses droits: il avait lu les Grecs, surtout Homère, dans la traduction de Voss; il avait médité, travaillé son plan de W'allenstein ; mais en même temps il avait continué ses Uures sur r Éducation estlUtiqm el poursuivi l’étude de Kant, dont la Critique du Jugement ne le quittait pas, même quand la maladie le retenait au lit : elle était alors près de lui sur sa table, jianni les drogues et les fioles, et une fois il raconta plaisaimuent à Hoven qu’ime nuit, son domestique, qui le gardait, avait dévoré consciencieusement tout le livre d’un trait, pour se tenir évoillé, et qu’ensuite il ne s’était plaint en aucune façon de l’effet do cet aliment abstrait, comme le faisait en ce temps-là son maître, qui commençait à craindre qu’tme trop longue attention apportée aux
VIF DE SnniU.EO.
problèmes de philoso|ihie u'eûl refroidi sa verve poéti(|uo. Son H'allenslein refl'rayait. Auuuu(aut h Kœrner qu’il allait, tout en s’occupant de son traité de la Poésie (taïce.se remettre à penser au plan do ce drame, il lui disait ; € Ce travail m’inquiète vraiment et me fait peur.... Que faire î Je ri.sque h cette entreprise sept ou huit mois do ma vie, dont j’ai de bonnes raisons de tenir grand compte, et je m’expose au danger d’enfanter quelque œuvre avortée. Ce (|ue j’ai produit jusqu’ici dans le genre dramatique n’est pas très-propre it me donner du courage, et un ouvrage artificiel comme don Carlos me répugnerait aujourd’hui, quelque enclin que je sois fa le pardonner fa cette époque de ma vie intellectuelle. Je puis dire, dans le sens le plus propre du mot, que j’entre dans une carrière inconnue, ou du moins que je n’ai |jas essayée; car, eu fait de poésie, j’ai depms trois, quatre ans, complètement dé|iouillé le vieil homme pour devenir un homme nouveau. > Puis il jirie son ami de le juger, de le peser, de lui dire sou fait : • Sois sévère envers mot comme tu le serais envers ton ennemi, comme tu le serais {>our toi-même. >
€ Mais, dans cette voie nouvelle, dit avec raisou M'. J.W. Scheffor dans son élégante esquisse de la vie de Schüler, Ko'rner ne pouvait plus être son vrai guide ; Guillaume de Humboldt lui-même et Ficlite, avec lesquels il entretenait alors fa léna un profitable commerce d’amitié, étaient plus utiles au penseur qu’au poète. Pour qu’il marchât dans cette carrière avec sûreté et succès, il fallait l’alliance avec Goethe : ce contact intellectuel donna la formule magique |iar la(|uello le trésor de poésie caché dans l’âme de Schiller fut produit fa la lumière du jour. »
U y eut un temps où, comme le rappelle M'. B. Giseke dans le brillant discours qu’il a prononcé fa Leipzig', fa l’occasion du dernier anniversaire de la naissance de Scliiller , l’éloge de l’auteur do Walienstein impliquait la critique de celui d’Hermann et Ihrolhie, où l’on voyait dans les deux grands poètes de l’Allemagne les chefs de deux écoles rivales, les représentants de deux tendances contraires, où l’on exaltait avec une faveur exclusive, soit l’un, soit l’autre, selon qu’on était soi-même (pour employer les termes consacrés) idéaliste on réaliste. On dépeignait la lutte de leurs deux génies comme celle de ces deux âmes dont parle Faust , qui habitent en nous et veulent se sé|iarcr l’une de l’autre : * L’une, dans son amour indompté, tient au