L’OMBRE DE SHAKSPEARE
PAllOniE'.
Enlin j'aperçus le grarul, le fort Hercule; je veux dire son ombre’. Lui-méme, hélas ! il ii'était plus donné de le voir.
Tout autour criait, ronime une clameur d’oiseaux, la clameur des tragédiens; tout autour de lui, les aboiements des dramaturges.
Il était là, l’horrible fantôme. L’arc était tendu et la flèche sur la corde frappait encore au cœur.
« Quelle témérité, malheureux, me dit-il, oses-tu tenter maintenant? descendre môme chez les morts, dans la tombe?
— C’est à cause de Tirésias qu’il m’a fallu descendre, pour demander au voyant où je trouverais cet antique cothurne, qu’on ne voit plus.
— S’ils ne croient plus à la nature, ni aux vieux Grecs, c’est en vain que tu leur vas chercher une dramaturgie.
— Oh! la nature, elle se remontre sur nos théâtres, et si parfaitement nue qu’on lui compte chaque côte.
— Comment? En vérité, on voit chez vous le vieux cothurne, que je suis allé chercher moi-méme dans la nuit du 'fartare?
— Il n’est plus question de ces évocations tragiques. i>eine une fois par an ton fantôme armé ’ passe-t-il sur les planches.
1. C'est la réunion, sons un même titre, de vingt-trois distiques qui, dans l'Almanach des Muses de 1797, étaient séparés les uns des autres. Le premier était intitulé : • Hercule ; ■> le deuxième, « Héraclides; » le troisième. < Pure manière; ■ les vingt suivants, aUcrnalivement « Lui » et • Moi, « et le dernier, • La Muse aux Xénies. r>
2. Dans la première édition, on lit, au lieu de < son ombre , >< sa tr.aduclion.>