‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 177 sur 311 · ÉPITRE D’I'N MARI A UN AUTRE MARI · texte numérisé non relu

ÉPITRE D’I'N MARI A UN AUTRE MARI

Ta veux que je te plaigne? Tu maudis , avec les larmes d’un repentir amer, le nœud d’hymen? Pourquoi? parce que ton inlidèle cherche dans les bras d'un autre ce que les tiens lui refusent?... Ecoule, ami, les souffrances d’autrui, et apprends à supporter plus facilement les tiennes.

Tu t’aClliges qu’un tiers participe à les droits?... Epoux digne d’envie! .Ma femme, à moi, appartient à toute la race humaine. Depuis la Baltique jusqu’aux rives de la .Moselle, jusqu’à la muraille de l’.Vpeimin , jusqu’à la métropole des modes , elle e.st exposée en vente dans toutes les boutiques; dans les diligences , sur les paquebots , il faut qu’elle subisse la revue critique de tout cuistre, de tout fat; il faut qu’elle pose devant la lunette du philistin’, et, selon que l’a décidé un crasseux aristarque, qu’elle aille, par un chemin de fleurs ou de charbons ardents, au temple de la gloire ou bien au pilori. Un éditeur de I.eipzig.... que Dieu l’en châtie!... lève le jilan de ma moitié, comme d’une forteresse, et olïre en vente au public des régions dont il serait pourtant raisonnable que je fusse seul à parler.

Ta femme.,., grâce aux lois canoniques.... apprécie du moins son titre d’épouse; elle .sait pourquoi , et fait bien. Moi, l’on ne me connaît que comme le mari de .Ninon. Tu te plains qu’au parterre, aux tables de pharaon, toutes les langues chuchotent,

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