LA FEMME CÉLÈBRE
f roie d’affanv^s parasites. Oh! la funeste , la maudite immortalité! elle est la mort de mon nierenstein M La peste brûle tous les doigts qui impriment! Quelle est, crois-tu, ma récompense? l'n haussement d’épaules, des mines significatives, des hélas peu civils.... Ne devines-tu pas? Oh! je comprends parfaitement, on déplore qu’un tel babouin possède cette perle de femme.
Le printemps vient. Sur les prés et sur les champs la nature étend son tapis émaillé; les fleurs revêtent une aimable verdure; l’alouette chante; la vie s’éveille dans tous les bois.... Pour elle le printemps est sans délices. Le chantre des plus doux sentiments, et le charmant bocage, témoin de nos jeux, ne disent plus rien maintenant à son cœur. Les rossignols n’ont pas lu, les lis n’admirent pas. Le commun cri d’allégresse des créatures lui inspire.... quoi?... une épigramme. Non pourtant! la saison est si belle.... pour voyager. Quelle foule à cette heure il doit y avoir à Pyrmont! Partout aus.si l’on entend vanter les eaux de Carlsbad. Zest! elle y est ... dans cette honorable cohue où des Grecs, mêlés à des sages , des célébrités de tout genre, familièrement accouplées, comme dans la barque' de Charon, dînent ensemble à la même table; où^ envoyées de distances lointaines, des vertus endommagées se guérissent de leurs bles- •surcs, où d’autres , pour soutenir avec dignité la tentation , s'y viennent offrir avidement.... ami, c’est là.... oh! apprends à bénir ton destin !... c’est là (juc ma fenmie va et vient, et elle me laisse sept orphelins.
O première année de miel de mon amour! que tu t’es vite.... ah! trop vite envolée! Une femme, comme il n’y on a pas, comme il n’en fut jamais, élevée pour moi par les déesses de la grâce, d’un esprit lucide, d’un sens ouvert , d’un c(Eur tendre et facilement ému , ainsi je la vis cette reine des âmes , telle qu’un beau jour de mai , jouer à mon cèté. Ce mot si doux : • je t’aime! » rayonnait de ses deux beaux yeux. Ainsi je la conduisis à l’autel de l’hymen ; oh ! qui était plus heureux que moi? Dans ce riant miroir se reflétait pour moi une florissante perspective d’années dignes d’envie. Mon ciel m’était ouvei’t. Déjà je voyais
1. Espece de vin du Rhin. Nierenstein est dans le grand-duché de Hesse* Darmstadt, sur la rive gauclie du fleuve.
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POÉSIES DÉTACnÉES.
de beaux enfants folAtier autour de luoi, et, dans leur cercle, elle, de tous la plus Ixdle, de tous la plus heureuse, et mienne , par riiariDüiiie des Ames, par lelernelle union des cœurs!... .Mais voilà qu'apparait.... oli! que Dieu le damne!... un grand homme, un bel esprit ! lœ grand liomme se met à l’œuvre.... et d'un seul coup renverse le cliAteau de cartes, mon paradis.
Ou’est-ce que je possède aujourd'hui?... Déplorable métamorphose! K\eillé de celte délicieuse ivresse, que m’est-il resté de eet ange? I n esprit fort dans un corps délicat; un être équivoque entre rhoinmc et la femme , également incapable de domination et d’amour, un enfant avec des ai'iues de géant, un composé de sage et de singe ! un être qui , pour ramper péniblement sur les ti'aces du sexe fort , a déserté le beau sexe , et s’est laissé clioir d’un trône , a fui les saints mystères de la grAce , qui enlin s’est fait rayer du livre d’or* de Cythérée , pour.... avoir en réconqwiist* les faveurs mendiées d’une gazette.