‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 197 sur 311 · LE FUGITIF · texte numérisé non relu

LE FUGITIF

La vivante haleine du matin répand sa fraîcheur; par les fentes du sombre feuillage des pins, la lumière naissante darde empourprée; elle jette, du milieu des buissons, de furtifs regards. Les pics majestueux des monts étincellent de flammes d’or. De leur chanson joyeuse, mélodieux tourbillon, les alouettes, s’éveillant, saluent le soleil, qui déjà, au sein d’une riante volupté, s’enflamme, jeune et beau, dans les bras de l’Aurore.

Lumière, sois bénie! Ta chaude pluie de rayons ruisselle du' haut des deux sur les pelouses et les plaines. Comme les prairies scintillent d’un éclat argenté! Comme des milliers de soleils tremblent dans les perles de la rosée!

Au doux murmure de la fraîche brise commencent les jeux de la jeune nature. Les zéphyrs voltigent autour des roses qu’ils caressent, et des parfums inondent la riante campagne.

Comme ils montent haut, du sein des villes, les nuages de fumée! On entend hennir, souffler, frémir, trépigner les che-

1. Il s'.iilressc an Génie île la mort, tel que les anciens le représentaient.

2. Dans l'a nt/iologie, cette pièce était intitulée; Korgenphanintie, « Fantaisie, rêverie fantastique du malin. »On aeu tort d'appliquer cochant il la fuite de Schiller même, qui n'a eu lieu qu’en scptemlire 1782 ; mais il est possible toutefois qu’en le composant il prévît déjè qu’il pourrait être bientôt réduit à quitter sa patrie.

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