‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 207 sur 311 · LA GRANDEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

LA GRANDEUR DU MONDE

A travers ce monde flottant que l’f^sprit créateur fit autrefois jaillir du chaos, je vole, rapide comme le vent, jusqu’à ce que j’aborde au rivage où expirent ses vagues, et que je jette l'ancre là où ne souffle plus aucune haleine, où se dresse la borne de la création.

Déjà j’ai vu des astres naître, pleins de jeunesse, pour accomplir leur course, des milliers d'années, à travers le firmament; je les ai vus courir, se joliant, au but qui les attire; puis, mon œil errant chercha autour de moi , et vit les espaces déjà.... vides d’étoiles.

Pour hâter et poursuivre mon vol vers l’empire du néant, je vogue en avant avec plus d'ardeur ; je prends la vitesse de la lumière; un ciel trouble et nébuleux passe devant moi; des systèmes de mondes , comme les flots dans un torrent , tourbillonnent derrière le voyageur des globes.

Voyez! sur le sentier solitaire, un pèlerin vient au-devant de moi d’une course rapide. « Arrête, voyageur, que cherches-tu ici? — Je cherche une route qui me mène à la rive de son vaste univers’! Je vogue vers le lieu où ne souffle plus aucune haleine, où se dresse la borne de la création.

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