‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 236 sur 311 · Almanach des Muses lie · texte numérisé non relu

Almanach des Muses lie

2. Chr. Fr. Mcolaï, libraire et liltératour berlinois, souvent raillé dans les JTi'nifs. 11 avait attaqué, avec beaucoup d’arrogance, dans son Yo’jage en Allemagne et en Suisse, la philosophie de Kant et les Heures.

APPENDICE

k MO.N AMI KAAZ,

A StBIACO'.

Dienheurcux, mon ami, celui qui, loin du désordre des villes, vit animé des sentiments d'Horace pour la belle nature! AU! que je fuirais volontiers , moi aussi , la chaleur accablante , cette poussière , ce bruit, ce maudit tumulte des rues qu’ébranle le fracas des voilures, ce mouvement, cette presse éternelle, ce cercle fatigant du temps qui toujours apjiorte même chose! mais Todieuse nécessité m’enchaîne dans les murs de Home’. Promé- 'thée ne jjcut se détacher du roc du Caucase. Sois mon Alcide : tire, atteins et tue le vautour, dont l’éternelle morsure me déchire le cœur et le foie. De quoi puis-je jouir, quand d’odieux travaux sont là qui m’attendent et s’attachent à moi, quand derrière moi s’entassent les soucis menaçants , qui, piles comme de creux fantômes, chassent, en grinçant, le sommeil de ma tète accablée, et répandent du poison dans ma coupe? Ami, ce n’est qu’a l’homme joyeux , libre de soucis et d’humeur, que sourit l’aimable nature , que sourit le pré émaillé. Pour loi , jouis donc gaiement, et que j’aie la joie d’appiendre comme, pour mon ami , les jours s’évanoui.sscnt au sein d’une douce jouissance.

Dans les gorges de Subiaco , sé|iaré du tumulte des hommes, heureux à l’ombre du bois silencieux, tu te trouves loi-méme. Parmi les arbres l’artiste sensible n’est pas solitaire, et dans la foule des humains il est là , si souvent! seul et abandonné. Mais pour des milliers d’hommes la nature est muette : l’artiste toujours l’entend parler distinctement à son cœur ému. Ah! que son esprit aime à échapper au tumulte du monde, à s’enfuir

1. CeUe épltre est du moi<« d’nodi 18(^. Je la prends dans les suppléments de M. Hoiïmeister, qui lui mêmc l'a trouvée dans un volume où l'on n’eût guc-re été tenté. de la chercher, à la »uite d'un drame de Raphaël Sanzio, par G. Chr. Braun, publié à Mayence en 1819. — Subi€aco est une petite ville des Etats de l'Eglise où demeurait en 1802 Kaaz, peintre distingué, que Schiller avait connu vraisemblablement à Dresde. Braun afilrmc que l'original de l'épitrc était eu la pûsses>ion de la veuve de

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