I.E PI.OXGEUR
ici, dit-il, je te tiens pour le meilleur des chevaliers*, et je veux qu’aujourd'hui même tu embrasses comme époux celle qui maintenant prie pour toi avec une tendre compassion, •
Alors, une céleste force saisit son âme; de ses yeux jaillit un éclair plein d’audace, et il voit rougir la jeune beauté , il la voit pâlir et tomber. Alors , il se sent entraîné à conquérir la précieuse récompense, et il se précipite au risque de vie et de mort.
On entend bien mugir les ondes englouties; on les voit bien revenir : un bruit de tonnerre les annonce. Alors elle se penche sur le gouffre, avec un regard plein d’amour; les vagues viennent, viennent toutes; elles montent à grand bruit, à grand bruit redescendent : nulle ne rapporte le jeune homme.
LE CHEVALIER TOGGENBOURG*.
• Chevalier, ce cœur vous promet le fidèle amour d'une sœur. N’exigez pas un autre amour, car cela me peine. Volontiers je vous vois venir ici sans trouble , et sans trouble partir; les larmes silencieuses de vos yeux, je noies puis comprendre.»
11 l’entend avec une muette douleur, s’arrache d’elle le cœur saignant, la presse ardemment dans ses bras, s’élance sur son coursier. Il mande tout ce qu’il a de vassaux dans la terre de Suisse; ils partent pour le saint Sépulcre, la croix sur la poitrine.
1. Une lettre de Goethe nous apprend que celte ballade était terminée avant la fin d'aoOt 1797. Elle Fut insérée dans l'.é(maRara in Muta de 1798.
POKSIKS UÉTACHÉKS.
Là des liauls faits s'accomplissent par le bras des héros, les panaches de leurs casques flottent parmi les essaims d’ennemis, et le nom de Toggenbourg est la terreur du Musulman; mais son cœur ne peut guérir de son chagrin ;
Et il l a enduré une année entière; il ne l’endure pas plus longtem[)S : le repos qu’il poursuit lui échappe , et il quitte l'armée, voit au rivage de Joppé un navire qui gonfle ses voiles, et s’embarque pour la patrie, pour la terre chérie où elle respire.
lie pèlerin heurte à la porte du château qu’elle habitait. Hélas! elle s’ouvre , et ces paroles le foudroient : « Lelle que vous cherchez porte le voile; elle est la fiancée du ciel ; hier fut célébré le jour qui l’unit à Dieu. »
Alors il abandonne pour toujours le château de ses pères; il ne revoit plus ses armes ni son fidèle coursier. 11 de.scend de Toggenbourg, inconnu, car un vêtement de crin couvre ses nobles membres.
Et il se bâtit une hutte près du lieu où le couvent s’élevait du milieu des sombres tilleuls. Attendant dès l’aube matinale jusqu’aux lueurs du soir, le visage animé d’une muette espérance, il demeurait assis là, solitaire.
11 regardait de loin le couvent , regardait des heures entières la fenêtre de son amie, jusqu’à ce que la fenêtre résonnât, que l’aimable vierge parût, que la chère image se penchât sur la vallée, calme, douce comme un ange.
Et alors il.se couchait content , s’endormait consolé, songeant avec joie, en silence, au retour du matin. Il demeura de la sorte assis bien des jours, assis bien des années, attendant, sans douleur et sans plainte, que 1a fenêtre résonnât,
One l’aimable viei-ge parût, que la chère image se penchât sur
LK CHKVAMEH TOGC.EN’BOURG.
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la vallée , calme , douce comme un ange. Et de la sorte, un matin, on le vit assis là, corps inanimé; son visage pèle et tranquille regardait encore la fenêtre.