LE MESSAGE A LA FORGE
C’était un pieux serviteur que Fridolin, et dévoué, dans la crainte du Seigneur , à sa maîtresse , la comtesse de Saverne. Elle était si douce, elle était si bonne! Mais aux caprices mêmes de l’orgueil, il eût obéi avec zèle, avec joie, pour l’amour de Dieu.
Dès la première lueur du jour jusqu’au son des vêpres, le soir , il ne vivait que pour son service , et jamais ne croyait faire assez. Et si la dame lui disait ; « Xe te donne pas de peine, » aussitôt son œil devenait humide; il aurait cru manquer à son devoir s’il n’eût pu se tourmenter à la servir.
.\ussi la comtesse l’élevait-elle au-ilessus de toute la troupe de ses serviteurs; de ses belles lèvres coulait son éloge inépuisable. Elle ne le tenait pas pour son valet ; par le cœur , il avait les droits d’un fils; elle arrêtait avec joie sur ses beaux traits son œil limpide.
Mais, pour cela, dans le sein de Robert, le chasseur, s’enflamme la haine envenimée, de Robert dont l'ûme noire dès longtemps était gonllée de la maligne envie de nuire. Il va au comte, au comte prompt à agir et ouvert aux conseils du sé-