‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 33 sur 311 · I,A CAUTION · texte numérisé non relu

I,A CAUTION

de lui vient Philostrate, le lidèle gardien de sa maison, qui, hors de lui, reconnaît son maître :

< Fuis! tu ne sauverais plus ton ami, sauve du moins tes propres jours ! En ce moment il subit la mort. D'heure en heure, il attendait ton retour, le cœur plein d’espoir, et les railleries du tyran ne pouvaient lui ravir sa foi courageuse. »

— Et s’il est trop tard, si je ne puis lui apparaître comme le sauveur attendu , du moins que la mort me réunisse à lui! Je ne veux pas qu’il se vante, le tyrân sanguinaire, d’avoir vu l’ami trahir son ami. Qu’il immole deux victimes, et qu’il croie à l’amour, à la foi! •

Iæ soleil se couche, quand il arrive à la porte de la ville, et voit la croix déjà dressée , que la foule entoure bouche béante. Déjà on soulève son ami , attaché à la corde fatale : à cette vue, il fend violemment la troupe épaisse : « A moi, bourreaux, s’écrie-t-il, à moi de périr de votre main; me voici, moi, pour qui il a répondu! >

]je peuple , alentour, e.st saisi de stupeur ; les deux amis .sont dans les bras l’un de l’autre, et ils pleurent de douleur et de joie ; on ne voit nul œil vide de larmes. Et l’on porte au roi la nouvelle merveilleuse; il est ému d’un sentiment humain et les fait amener aussitôt devant son trône.

Longtemps il les regarde avec surprise, puis il dit : « Vous avez réussi, vous avez subjugué mon cœur! La fidélité n’est donc pas une vaine illusion! Eh bien! adoptez-moi aussi comme un des vôtres; que j’entre, accordez -moi ma demande, en tiers dans votre union. »

POÉSIES DÉTACHÉES

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