ROMANCE
Où court le peuple , cette foule bruyante qui roule là-bas par les longues rues ? l.a ville de Rhodes s’écroule-t-elle dans les flammes d’un incendie ? On s’attroupe en tumulte , et , au milieu de ces flots d’hommes , j’aperçois un chevalier qui , sur son coursier, les domine; et derrière lui, quel si«ctacle étrange! on amène, on traîne un monstre.... par sa forme il ressemble à un dragon, avec une large gueule de crocodile.... et tous regardent , étonnés , tantôt le chevalier , et tantôt le dragon.
Et mille voix s’écrient : « C’est le dragon , venez et voyez ! le dragon qui nous dévorait et pitres et trouiMiaux! et voilà le héros qui l’a dompté ! Bien d’autres avant lui sont sortis pour tenter ce violent combat ; mais on n’en a vu revenir aucun. Il faut rendre honneur au hardi chevalier ! » Et la troupe s'avance vers le cloître où l’ordre de Saint-Jean-Baptiste , les chevaliers de l’Hôpital, ont été réunis à la hâte en conseil.
Et le jeune homme, d’un pas modeste, s’avance vers l’illustre grand maître. Derrière lui, le peuple se presse avec des acclamations fougueuses , et envahit toutes les marches de la rampe. Pour lui, il prend la parole et dit : * J’ai accompli le devoir d’un chevalier. Le dragon, qui dévastait la contrée, le voilà,