‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 51 sur 311 · AUX AMIS · texte numérisé non relu

AUX AMIS

('.bers amis, il y eut des temps plus beaux que les nôtres.... cela n'est point à contester.... et un plus noI>Ie peuple a vôcu autrefois. Quand l’histoire pourrait s’en taire, mille pierres, que l’on tire des entrailles du sol , on rendraient témoignage.

■Mais elle est éteinte, elle a disjiaru, cette race hautement favorisée. Nous, nous vivons ; à nous sont les heures, et c’est le vivant qui a raison.

.ômis, il y a, comme nous le dit le voyageur qui vient de loin, des xones plus heureuses que le pays où, de notre mieux, nous avons établi nos demeures. .Mais, si la nature nous a beaucou]i refusé, l’art en revanche nous fut propice, et notre cœur s’échaulfe à sa lumière.

Si le laurier ne veut pas s’accoutumer à notre ciel, si le myrte est la proie de nos hivers , ici du moins verdit , pour couronner nos tempes, le gai feuillage de la vigne.

Il peut bien y avoir plus de vie, plus de bruit, là où quatre mondes échangent leurs trésors, aux bords de la Tamise, sur le marché de l’univers. Là mille vaisseaux abordent ou partent; là s’olfre aux yeux tout ce qui a du prix, et le dieu de la terre, l’argent règne en maître.

Mais ce n’est pas dans la fange impure dos ruisseaux, gon-

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