IX FAVEUR BU MOMENT
Ainsi, nous nous retrouvons encore réunis, par couples, en cercles joyeux, et il faut tresser encore la couronne des chansons, la couronne verte et fraîche.
•Mais îi qui des dieux payerons-nous le premier tribut de nos
). Une des portes de Home, celle qui mène au Monte Mario, se nomme la Porta Angeiica,
‘l. De
2ü4 l’ÜKSlKS DKTAf.HKKS.
dtanis'f Avant tous les autres, chantons celui qui nous doit
donner la joie.
r.ar que sert -il que Ct'“rès ait paré l’autel de ses dons de vie? que Barchus exprime dans la coupe le jus vermeil de la vigne?
Si du ciel ne jaillit l'étincelle qui enflamme le foyer, l’esprit est sans feu, sans ivresse, et le cœur reste sans joie.
C’est des nuages, c’est du sein des dieux que doit tomber le bonheur; et de tous les souverains le plus puissant, c’est le .Moment.
Depuis la nais.sance première de la nature inlinie, il n’y eut rien de divin sur la terre qui no fût une pensée lumineuse et soudaine.
lentement, dans le cours des heures, la pierre s’unit à la pierre ; mais l’œuvre de l’esprit veut être sentie aussi rapidement que l’esprit l’a conçue.
Comme, à un brillant coup d’œil du soleil , se tisse un tapis de riches couleurs ; comme , sur son pont diapré , Iris flotte à travers le ciel :
Ainsi chacun des plus beaux dons fuit comme la lueur de l’éclair; la nuit soudain le replonge dans son ob.scur tombeau.
rOKSlKS DÉTACHf.KS.
NEME'.
1/6 beau môme meurt, il le faut! Ile qui subjugue et les dieux et les hommes n’ôineut pas le cœur de fer du Jupiter stygien. l’ne seule fois l’amour (léchit le dominateur des ombres, et encore, sur le seuil, révoqua-t-il, d'une voix sévère, son présent. Vénus ne guérit pas la blessure du bel adolescent, la blessure que le sanglier cruel a ouverte dans son corps délicat. Le héros divin, sa mère immortelle ne le peut sauver, quand, tombant à la porte de Scée, il accomplit son destin. Mais elle sort de la mer avec toutes les tilles de Nérée, et élève la plainte funèbre autour de son fils glorifié. Vois! les dieux pleurent, toutes les déesses pleurent que le beau périsse , que la perfection meure.
Être un chant de deuil dans la bouche d’une amante, c’est aussi un beau destin, car le vulgaire descend aux sombres bords, sans nul son qui l’accompagne.