LA EÈÏE DE LA VICTOIRE
l/ii citadelle de l*riam était tombée , Troie gisait en poussière et en décombres, et les Grecs, ivres de leur triomphe, chargés
1. De ;*99. -Va'nia, en lalin, .■signifie « chant funèbre, élégie. »
7. Ce poème, composé eu 1S03, é Weimar, était destiné, ainsi que plusieurs
POÉSIES DÉTACHÉES
d’un riclie butin , étaient assis sur les hauts navires , le long de la rive de l’Ilellespont, s’apprêtant à partir joyeusement pour le beau pays de Grèce.
Entonnez les cliants de joie! car les vaisseaux sont tournés vers le foyer paternel, c’est le retour à la patrie.
Et en longues liles, était assise, plaintive, la troupe des Troyennes, se frappant la poitrine avec douleur, pèles, les cheveux épars. Au bruit etfréné de la fête joyeuse elles mêlaient leurs chants de deuil, pleurant sur leurs propres souffrances, dans la ruine de l’empire :
< Adieu , sol chéri ! Ixiin de la douce patrie nous suivons un maître étranger. Ah ! que les morts sont heureux! »
Et, en l’honneur des dieux suprêmes, Calchas allume l’offrande : il invoque Pallas qui fonde et détruit les cités, et Neptune qui tord autour des terres sa ceinture de vagues, et Jupiter qui envoie l’épouvante et agite l'affreuse égide.
Elle est achevée, elle est vidée, la longue et pénible querelle. IjC cercle des temps est accompli , et la grande ville est domptée.
Le fils d’Atrée, le chef des bataillons, parcourt du regard la foule des peuples qui autrefois l’avaient suivi dans la vallée du Scaniandre, et le sombre nuage de la douleur s’étend suites yeux du roi. De tant d’hommes qu’il amena, il n’en ramène que bien peu.
(ju’ils élèvent donc des chants de joie, ceux qui revoient le sol natal, ceux pour qui la vie fleurit, fraîche encore ! car tous ne reviennent pas.
€ Et ceux qui reviennent n'ont pas tous à se réjouir du retour : auprès des autels domestiques, le meurtre peut les attendre. Plus d’un qu’épargna le combat sanglant est tombé sous les coups perfides d’un ami. » Ainsi parla Ulysse, avertissant du regard, Ulysse animé de l’esprit de Minerve.
de ceux qui précédent et qui suivent, à être chanté dans un cercle d’ami>. rSchiller, comme nous rapprenons par ses lettres, en avait conçu l'idée dès imi .