‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 72 sur 311 · Le plus haut sommet de la roontairne · texte numérisé non relu

Le plus haut sommet de la roontairne

k. Voyez la première note du précédent poème.

POÉSIES DÉTACHÉES

diarmnnte au joyeux chant de la forêt! — Mère, mère, laisseuioi partir, errer sur les cimes sauvages I »

« — Ne veux-tu pas soigner les fleurettes qui émaillent gracieusement le parterre? Là, dehors, nul jardin ne t’attire. Tout est sauvage sur ces sauvages cimes! — Laisse les fleurs, laisseles s’épanouir. Mère, mère, laisse-moi partir! »

Et l’enfant s’en alla chasser. Son ardeur le pousse et l’entraîne, sans repos, dans son aveugle audace, aux sombres lieux de la montagne; et, devant lui, rapide comme le vent, fuit la tremblante gazelle.

Sur les flancs nus des rochers, elle grimpe d’un rapide élan ; par les fentes des rocs déchirés, ses bonds hardis l’emportent; mais, derrière eJle, il suit, audacieux, avec l’arc meurtrier.

La voilà suspendue aux pointes e.scarpées, à la plus haute crête, où les rochers descendent à pic, et le sentier a disparu ; sous ses pieds le précipice; derrière elle, tout près, l’ennemi.

Avec les regards muets de la douleur, elle supplie le dur mortel; elle supplie en vain; car, prêt à tirer, déjà il tend son arc : mais, soudain, de la fente du rocher, sort le Génie, le Vieux de la montagne.

Et de ses mains divines, il protège l’animal aux abois : « Faut-il donc, crie-t-il, que jusqu’à moi, à ces hauteurs, tu envoies la mort et la douleur? La terre a place pour tous les êtres; pourquoi poursuis-tu mon troupeau? »

POÉSIES DÉTACHÉES

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